vendredi 15 mars 2019

Nestor Burma, corrida aux Champs-Elysées de Nicolas BARRAL

 Nestor Burma, corrida aux Champs-Elysées de Nicolas BARRAL d’après Léo MALET aux éditions Casterman, 18 euros.
Voilà un hommage appuyé  à une tradition bien établie du polar français. Les univers de Michel Audiard et Jean-Patrick Manchette se rencontrent avec peut-être celui de Jean-Pierre Melville ou Henri Verneuil. Le cinéma est donc à sa place chez Nicolas Barral, on ne quitte pas d'une semelle le décor et les personnages qui alimentent l’imaginaire du monde cinématographique. 

Nestor Burma est là bien sûr, ses traits  s’acquittent d'un graphisme emprunté à Jacques Tardi (idée originale et réussie). Le détective imaginé par Léo Malet nous embarque  dans un polar bien français  (décalque  parfait de l’américain) en nous offrant au passage une balade ensoleillée au cœur d’un Paris estampillé années 50/60. 

Au sortir d’une séance de cinéma et alors qu’on se rend au domicile de l ’actrice vedette  que l’on veut féliciter pour son come-back réussi, Nestor Burma et un de ses amis journalistes découvrent celle-ci étendue morte sur son lit.
Dès lors, la machinerie policière s’enclenche et l’enquête roule sur les routes mal pavées du cinéma. 

Si le scénario paraît par moments retors, on se pique malgré tout de l’intrigue aux forts rebondissements parsemés de nombreux cadavres. Mais le plus palpitant demeure, si l’on peut dire, cette restitution de l’époque  avec une mention particulière  réservée aux dialogues. L’influence de Manchette est ici prégnante, de subtils jeux de mots apparaissent avec quelques clins d’œil appuyés pour certaines "gueules" de l’époque (Michel Constantin, Robert Alban, Lino Ventura (?) (et sûrement quelques autres…). Ceci renforce le respect et l’amour de Nicolas Barral pour le genre, lui qui en ne cherchant point à s’en affranchir le magnifie pour en faire un  objet purement artistique où, il est vrai,  le plaisir visuel est garanti.



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