samedi 24 septembre 2016

SELECTION LE PRIX D'UNE VIE / LE PARISIEN MAGAZINE : Vera Kaplan de Nicolas SAGALOVITSCH

Vera Kaplan de Nicolas SAGALOVITSCH aux éditions Buchet Chastel, 13 euros.

Vera Kaplan n’existe pas, pas sous ce nom. Nicolas Sagalovitsch s’est (librement) inspiré  de la vie de Stella Goldschlag. Cette précision est donnée sur la quatrième de couverture.

Le roman commence par le récit du petit-fils canadien de Vera Kaplan décrivant les tours et les détours qui l’ont amené à connaître l’existence de sa grand-mère. Cette introduction singulière et habile s’appuie sur une double révélation (la mort de la mère du narrateur qui s’acharna jusqu’au bout à ne jamais parler de Vera Kaplan) et un document (une lettre du notaire annonçant la mort de Vera Kaplan «une femme en tout point fascinante »).

Puis vient l’heure d’écouter Vera Kaplan au moment où déjà elle a trop vécu. C’est à sa fille qu’elle s’adresse dans une longue lettre en ignorant si elle lui parviendra un jour. Vera Kaplan justifie sa vie, son enfance, ses parents et l’obsession de la revoir un jour. Sa fille vit en Israël mais elle ne sait pas sous quel nom. 
Vera Kaplan s’y est  rendue. Elle a pris un avion et, sur place, elle s’est contentée d’errer dans le hall de l’aéroport puis elle est rentrée par le premier avion pour l’Allemagne, son pays.  

Incontestablement, Nicolas Sagalovitsch s’est lancé un immense pari en écrivant le roman d’une femme sur qui l’opprobre est fatalement tombé lorsqu’on a jugé ceux qui commirent des crimes durant la deuxième guerre mondiale

Dans la deuxième partie du livre, Vera Kaplan est prisonnière des nazis. Ils la font impitoyablement chanter avec l’espoir de sauver la vie de ses parents. Elle saura bien plus tard qu’on l’a choisi pour sa beauté  et peut-être pour sa personnalité. Dans ce qui est devenu cette fois un journal intime Vera Kaplan écrit qu’elle n’a eu d’autre choix que de trahir les siens, ce qui signifie dénoncer des juifs de Berlin tout le temps que dura la guerre. C’est ainsi que Vera Kaplan s’est sauvée de la déportation.

Autant dire que la prose de Nicolas Sagalovitsch chemine sur un terrain miné et qu’il n’est pas toujours simple de saisir le périlleux projet de réhabilitation que l’auteur entreprend au sujet d’une femme à ce point confondue par l’Histoire. 
Cette deuxième partie est une descente aux enfers qui incite insidieusement à comprendre ce qui à fait tenir Vera Kaplan dans cette insensée trahison. 

Un historien aurait-il été mieux placé pour évoquer ce supplément de tragédie dans l’histoire de l’extermination programmée des juifs par Hitler ? 

L’exercice littéraire, lui, sur un tel sujet suscite bien des débats et ce roman faisant partie des finalistes du prix auquel nous participons (ils ne sont plus que cinq), attisera sans aucun doute la délibération du jury. Nous y reviendrons.

Et si j'étais un autre que moi-même ?

Pile-Poil, par Laure Sirieix et Chiara Arsego, aux éditions Les P'tits Berets, 15€

Pile-Poil, un adorable petit chat, est assez souvent de mauvais poil et se plaint régulièrement : quel désastre d'avoir un chat dans la gorge après de si longues heures passées à se toiletter ! Et ce pelage qui ne brille toujours pas... Voilà que Pile-Poil est chat...grin !
Face à son miroir, il s'interroge : serai-je plus beau débarrassé de mes poils ? Hop, le voilà tout rasé ! Non, non, non, cela ne lui convient pas du tout. Et s'il devenait un chat...cal ? Mais quel horrible résultat ! Miroir, mon beau miroir, change moi vite en panda, ou bien non, en girafe, en serpent, ou encore en paon, voire en hérisson ! Et si j'étais un petit garçon ? 
Passant sous diverses formes animales, revêtant successivement écailles, plumes et nageoires, Pile-Poil doit se rendre à l'évidence : il reste bel et bien un chat !
Ce bel album traite de l'acceptation de soi, du regard que l'on porte sur soi et sur les autres de manière douce et amusante. Les textes sont riches en vocabulaire et jouent à merveille sur les sonorités. On y retrouve avec plaisir de nombreux jeux de mots, notamment autour du nom commun "chat". 
Bref, venez ronronner avec ce livre tout compte fait très chat...tisfaisant !

Programme Festival Thriller de Gujan-Mestras 1 et 2 octobre 2016



 
 
Jeudi 29 Septembre à la Médiathèque de Gujan-Mestras : 

20h : Ciné-concert / Fantomas (Louis Feuillade, 1913) avec Pascal Pistone au piano.
Vendredi 30 Septembre à la Médiathèque :

Interventions dans les écoles primaires de la ville des auteurs
 Jeanne Faivre D'Arcier - Jo Witek - Danielle Thiery 

17h à 20h: Ateliers d'écriture à la Médiathèque avec Alain Poirrier.

Vendredi 30 Septembre au cinéma Gérard Philipe : 
21h : Rendez-vous du cinéphile / Diamant Noir (Arthur Harari, 2016).
​Samedi 1er octobre sur le port de Larros de 10h à 20h : 
Délocalisation de la Médiathèque et ateliers de police scientifique (empreintes digitales, ADN, portrait robot, fausse monnaie, etc).
10h30 : Rendez-vous Coccilivres. Lecture théâtralisée "Histoires de ... Frousses et chocottes en série!"
12h : Inauguration et Apéro-concert avec le Conservatoire municipal de musique.
15h : Interrogatoire à la lanterne du Lycée Condorcet d'Arcachon "en quête de nouvelles policières" avec Ludovic Armoet (DIPJ Bordeaux DPT Etat-major), Christine Gorin (documentaliste) et Béatrice Robicquet (professeure de lettres) et leurs élèves, et Dominique Dayau  (policier, écrivain).
15h25 : Prix du polar Castéja présenté par Ludovic Armoet (DIPJ Bordeaux DPT Etat-major) et Dominique Dayau  (policier, écrivain).
15h30 : La Police Judiciaire de Bordeaux sera présente avec une scène de crime.
16h30 : Interrogatoire à la lanterne de Natacha Calestrémé.
16h40 : Interrogatoire à la lanterne de Daniel Ceppi.
16h50 : Interrogatoire à la lanterne d'Eric Corbeyran.
17h15 : Interrogatoire à la lanterne de François Darnaudet.
17h25 : Interrogatoire à la lanterne d'Elrich Dufau.
17h35 : Interrogatoire à la lanterne de Jeanne Faivre d'Arcier.
17h45 : Interrogatoire à la lanterne de Rafael Reig.
18h45 : Interrogatoire à la lanterne de Gilbert Gallerne.
18h55 : Interrogatoire à la lanterne de Michel Garrigue.
19h05 : Interrogatoire à la lanterne de Simone Gélin.
19h15 : Interrogatoire à la lanterne de Jo Witek.
​Soirée VIP du Samedi soir au Casino de Gujan-Mestras (restaurant le Régent).
Une soirée ouverte sur réservation au public. Les festivaliers souhaitant partager ce moment avec les auteurs devront s'inscrire directement auprès du restaurant.

Dimanche 2 octobre sur le Port de Larros de 14h à 18h :
Délocalisation de la Médiathèque et ateliers de police scientifique (empreintes digitales, ADN, portrait robot, fausse monnaie, etc).
14h : Sieste musicale suivie d'une restitution des ateliers d'écriture animés par Alain Poirrier au collège Chante Cigale.
15h00 : Interrogatoire à la lanterne de Bernard Khattou.
15h10 : Interrogatoire à la lanterne de Philippe Laguerre-Ward.
15h20 : Interrogatoire à la lanterne de Sandro Masin.
15h30 : Interrogatoire à la lanterne de Denis Michelis.
15h40 : Interrogatoire à la lanterne de Laurent Philipparie.
15h50 : Interrogatoire à la lanterne de Guy Renchenmann.
16h00 : Interrogatoire à la lanterne de Danielle Thiéry.
17h00 : Clôture du vote pour le prix des lecteurs du festival Thrillers à Gujan-Mestras.
17h00 : Lecture théâtralisée / Hercule Poirot en enfer (Agatha Christie) par l'association Lire et Délire(s)
17h45 : Annonce du Prix des lecteurs du festival Thrillers à Gujan-Mestras et remise du trophée par Madame le Sénateur-Maire au Lauréat.

Et pour en savoir plus sur tous les auteurs invités, suivez la piste: http://www.thrillersgujan.com/auteurs


samedi 17 septembre 2016

La vitrine se met à danser!

Dans la perspective du Festival Cadences 2016 (du 22 au 25 septembre) nous vous proposons une sélection de livres sur la danse dont deux témoignages de danseuse étoile Agnès Letestu, étoile retraitée de l'Opéra National de Paris et Misty Copeland, nouvellement nommée à l'American Ballet Théâtre.

 


Dans cette vitrine nous avons glissé les cahiers de Nijinsky et le roman autobiographique d'Isadora Duncan, ma vie ainsi que l'histoire dessinée de la vie passionnante de Joséphine Baker par Catel et Bocquet. Enfin, nous avons ajouté une histoire de la danse contemporaine de Philippe Noisette et un reportage sur le travail de Pina Baush par son dramaturge et comédien/danseur Raimund Hoghe et Ulli Weiss.
Sans oublier le très beau roman Catherine Certitude écrit par Patrick Modiano et dessiné par Sempé.
Précipitez-vous à la librairie pour découvrir ces merveilles et préparer ainsi votre entrée en scène pour Cadences dont voici le programme: Festival Cadences 2016 !

SELECTION LE PRIX D'UNE VIE / LE PARISIEN MAGAZINE : Ma part de gaulois de Magyd CHERFI

Ma part de gaulois de Magyd CHERFI aux éditions Actes Sud, 19,80 Euros.

En 1981, Magyd Cherfi a vécu l’évènement le plus notable de sa scolarité en passant le bac. Il a représenté, cette année-là, le premier arabe de sa cité. Jusque-là, la majorité des jeunes maghrébins se déterminaient en fonction de leurs aptitudes footballistiques. Rares étaient ceux qui étudiaient au-delà de la cinquième. 
Magyd Cherfi a pris pas mal de coups pour ce vice, alors puni, de la lecture. On lui reprochait primo d’être un « pédé », deuxio de s’intéresser à la langue française, la première allégation étant forcément déterminée par la seconde. Pourtant Magyd Cherfi aimait le foot mais son amour de la langue française a fini par prendre le dessus. 

Dans la cité toulousaine où il a grandi avec père, mère, frères et soeurs, ce furent les filles ses plus précieuses alliées parce qu’il leur permettait, après avoir créé une association d’aide après les cours, de s’émanciper en échappant pour quelques heures aux lois non permissives de leurs « grands frères ». 
Bien sûr, Magyd Cherfi reçut pour ce fait quelques coups supplémentaires des plus méchants et des plus durs de la cité. On ne s’intéresse pas aux filles arabes lui rappela-t-on, c’est interdit.  

En 1981, survint aussi l’élection de François Mitterrand que les immigrés algériens vécurent comme une catastrophe en raison de la fonction ministérielle de l’homme politique en 1956. A son tour, Magyd Cherfi commença à s’intéresser à la politique lorsqu’il fit la connaissance de jeunes rockers qui le prirent dans leur groupe pour chanter. 

Cette période décisive de l’adolescence de Magyd Cherfi est, on l’aura compris, un regard perçant sur l’immigration, l’intégration, la violence déjà prégnante des cités mais elle révèle d’abord un mode de vie et une drôlerie résistante à toute épreuve. La vivacité d’esprit aussi éblouissante soit-elle résulte d’une lucidité sans équivoque sur le racisme. 

Magyd Cherfi possède tous les codes de cette vie dans la cité sans en faire pour autant un usage manichéen. Toute la force de son message passe par une parole vivante des arabes en France. La restitution de scènes inoubliables, rejouées comme au théâtre, est modérée par un regard analytique qui frise la sidération dès lors que l’on prend conscience du miracle social nommé Magyd Cherfi.

Ma part de gaulois repose entièrement sur cette exception sociale et culturelle que Magyd Cherfi a portée à bout de bras sans comprendre tout à fait comment il y est parvenu. Magyd Cherfi n’est, fort heureusement, pas unique en son genre mais ce retour sur le chemin de ses études montre l’étendue du défi qu’il y avait à relever et à relever encore lorsqu’on est jeune, arabe et français avec bien sûr la difficulté de concilier tout cela.  

Festival Thriller Port de Larros Gujan Mestras 1 et 2 octobre

Le club de l'épouvante, par Ethan Long, chez Circonflexe, 13€

Dernière répétition avant l'opération Trouille Bleue ! Vladimir le vampire et ses amis du Club de l’Épouvante se réunissent ce soir pour peaufiner visages grimaçants, gestes effrayants et bruits angoissants : tout doit être parfaitement terrorisant pour demain. Mais qui vient donc interrompre cette soirée cruciale ? Une mignonne petite lapine... qui veut rejoindre le Club de l’Épouvante ! Quelle douce blague ! Vladimir lui claque la porte au nez. 
Seulement, c'était sans compter l'avocat du frêle animal qui vient exiger que sa cliente intègre le club. Non, non et non, seuls sont admis les monstres, le grand chef ne veut pas d'elle ! 
Loin d'accepter cette décision, les animaux exclus du groupe se réunissent pour leur montrer qu'eux aussi savent semer la terreur...


Pour encore plus de frayeurs, autant en littérature adulte qu'en littérature jeunesse, retrouvez-nous le week-end du 1er et 2 octobre 2016 au port de Larros à l'occasion du Festival Thrillers à Gujan-Mestras ! 


Venez découvrir une large sélection de thrillers et d'enquêtes pour enfants et adultes.
 L'occasion également de rencontrer de nombreux auteurs : 

Natacha Calestrémé, Daniel Ceppi, Eric Corbeyran, François Darnaudet, Elric Dufau, Jeanne Faivre d'Arcier, Gilbert Gallerne, Michel Garrigue, Simone Gélin, David Khara, Bernard Khattou, Philippe Laguerre-Ward, Sandro Masin, Denis Michelis, Laurent Philipparie, Guy Rechenmann, Rafael Reig, Danielle Thiery et Jo Witek.

Le programme sera très prochainement disponible sur notre blog, en attendant n'hésitez pas à visiter le site de la manifestation : 

samedi 10 septembre 2016

SELECTION LE PRIX D'UNE VIE / LE PARISIEN MAGAZINE : Bronson d'Arnaud SAGNARD


Bronson d'Arnaud SAGNARD aux éditions Stock, 19 euros.

Pour comprendre combien le mystère de l’acteur Charles Bronson reste entier, il faut voir ou revoir la (longue) scène inaugurale d’Il était une fois dans l’ouest de Sergio Leone, ce western spaghetti des années soixante-dix qui est entré depuis au panthéon des chefs-d’oeuvre du cinéma.

Il n’est donc pas surprenant qu’un auteur se soit enfin risqué à étudier ce personnage de plus près. Or, Arnaud Sagnard, après nous avoir concocté une très belle et forte entrée en matière sur l’enfance de celui qui n’était encore que Charles Buchinsky, nous fait bien vite comprendre à quel point il est possédé par le visage et le corps de l’acteur. 

Cependant, l’ambivalence de ses sentiments est analysée en cinéphile averti et la trajectoire Bronson est suivie depuis son début et passe par l'avènement iconique du mâle taiseux, sans peur et sans reproche, tel qu’on le voit donc dans Il était une fois dans l’ouest, sommet définitif de sa filmographie.

Peu à peu, Bronson, le livre, devient plus noir et plus glacial à mesure que l’on progresse dans la psychologie de Bronson, l'acteur, qui compara son métier, lors d’une de ses rares interviews, à une marque de savon qu’il s’efforçait de vendre le mieux possible…

Charles Bronson dédaignait donc le septième art, hissant bien plus haut la peinture et surtout le dessin qu’il pratiquait depuis l’enfance. 

Arnaud Sagnard, quant à lui, dépeint l’acteur Bronson comme le symbole ultime du tueur et donc de la mort mais aussi comme un amant fruste auprès duquel les femmes succombaient malgré tout. 

Précisons que Bronson est un premier roman écrit dans un style le plus souvent magnétique, parfois opaque voire tourmenté mais Arnaud Sagnard, sans relâche, colle à son sujet. Alors, pour peu que l’intérêt du lecteur soit lui aussi porté sur le monstre Charles Bronson, ce livre devient dès lors très difficile à lâcher. 





Au royaume de l'école

Le Royaume de Minuit, par Max Ducos, chez Sarbacane, 16,50€.

Une nuit, alors que le monde s'endort paisiblement, deux enfants se laissent enfermer dans l'école des bois profonds : Achille, un jeune garçon turbulent très enclin aux bêtises et toujours volontaire pour des aventures en tout genre, et Massimo, un élève sérieux et, qui plus est, fils du directeur. De leur rencontre improbable va naître un royaume : le Royaume de Minuit, dirigé par le Roi Achille et son fidèle bras droit, écuyer et garde du corps personnel, Massimo. 
Sous leurs jeux d'enfants se profile une aventure digne du célèbre Don Quichotte, et ce n'est pas le lion-chat Rossinante qui va nous contredire ! Les aventures vont très vite se succéder : construction d'un fort, duel contre Oscar le squelette, banquet des vainqueurs... Ce sera donc une nuit bien remplie, mais également source de frayeur pour nos intrépides garçons. 
Pour aller plus loin dans la lecture de l'album, une attention toute particulière peut être portée aux dessins. Riches en références, on retrouve dans les illustrations de Max Ducos divers clins d’œil à la littérature jeunesse et à l'art. Saurez-vous, par exemple, retrouver l'autoportrait de l'auteur en train de dessiner son propre livre ? Tous à vos albums !

samedi 3 septembre 2016

SELECTION LE PRIX D'UNE VIE / LE PARISIEN MAGAZINE : Deux remords de Claude Monet de Michel BERNARD.

 
Deux remords de Claude Monet de Michel BERNARD aux éditions La Table ronde, 20 euros.

Claude Monet fut très vite et largement reconnu de son vivant. Il fit un mariage heureux avec Camille, son modèle féminin avec qui il obtint la célébrité. Il vécut longtemps et riche. Il réalisa de nombreux chefs-d’oeuvre de la période dite impressionniste. Il eut pour ami Renoir et Sisley, il connut Pissarro et côtoya son maître Manet qui l’admira à son tour. 

Les trois parties du livre de Michel Bernard sont titrés, Frédéric, Camille et Claude. Trois prénoms qui font écho au titre sibyllin Deux remords de Claude MonetFrédéric Bazille et Camille Doncieux sont deux rencontres cruciales de la vie de Monet et, surtout, offrent les plus belles pages du livre de Michel Bernard. 

Tous deux sont représentés dans l’oeuvre de Monet, Frédéric Bazille dans Le déjeuner sur l’herbe (1865-1866), Camille Doncieux, qui épousa Monet, inaugure sa présence avec La femme à la robe en vert (1866) et la termine avec Camille sur son lit de mort (1879). Ces trois tableaux figurent dans le livre, accompagnés d’un quatrième, Femmes au jardin (1866) que Frédéric Bazille avait acheté au temps où Monet n’avait pas encore la situation bourgeoise qu’il atteindrait. 

Frédéric et Camille révèlent, en quelque sorte, ce que Monet a ressenti de plus fort dans sa vie. L’amitié en ce qui concerne Frédéric Bazille qui fut peintre comme lui, jeune et prometteur, mais que la vie quitta sur le front de la guerre de 1870. Et le désir pour Camille Doncieux, qu’il peignit jusque sur son lit de mort après qu’elle eut succombé à un cancer. 

Mais, peut-être, y-a-t-il encore des aspects de la vie du peintre qui interrogent à la lecture de Michel Bernard. D’abord la fuite en Angleterre décidée lors de la guerre de 1870 puis, bien plus tard, les visites qu’effectua Clemenceau pendant celle de 14. Ces deux étapes, très importantes elles aussi, débouchèrent sur la décision grandiose d’offrir Les Nymphéas à l’Etat français et de vouloir Femmes au jardin accroché au Louvre. 

Si Michel Bernard ne parle pas ouvertement de ces deux remords, il place la peinture de Monet  toujours au premier plan. Et il excelle.

Maman Ours/Oie de Ryan T. Higgins

Maman Ours/Oie de Ryan T. Higgins, éditions Albin Michel Jeunesse, 12 euros 

C'est l'histoire de Maman Ours, euh non, pardon, Maman Oie qui est en fait Papa Ours qui préférerait franchement être Ours Michel tout court.... vous suivez?! Si vous avez un peu de mal les charmants petits oisons qui ont adopté notre Ours grincheux du premier coup d'oeil, eux n'ont pas de mal à suivre celui qu'il considère comme leur maman. Michel a beau tenter tout ce qu'il peut pour s'en débarrasser: rien à faire, il doit se rendre à l'évidence et essayer de faire au mieux pour éduquer ses oisons qui en plus n'y mettent pas vraiment du leur.... 
Un album formidable plein d'humour 
qui amusera à coup sûr autant les grands enfants que les plus jeunes!