samedi 25 juillet 2020

Le Camion qui Livre


IL est de retour !
 Votre Camion qui Livre des éditions du Livre de Poche revient cette année
place Thiers, les 27, 28 et 29 Juillet de 11h00 à 18h00

Véritable librairie ambulante, retrouvez à l'intérieur vos libraires et leurs coups de cœur !
Le camion sera également animé de dédicaces et d'ateliers d'écriture 
en partenariat avec le Labo des Histoires

LUNDI 27: Anne-Gaëlle HUON dédicacera ses livres à partir de 15h00
 et animera un atelier de 17h00 à 18h00

MERCREDI 29: ce sera au tour de Laetitia COLOMBANI de dédicacer également ses livres à partir de 15h00  et d'animer un atelier de 17h00 à 18h00

N'hésitez pas à venir nombreux à cet événement où il faudra, contexte oblige, respecter les gestes barrières (masque et gel obligatoires, et 2 personnes maximum dans le camion)  





Hic d'Amélie LUCAS-GARY

Hic d'Amélie LUCAS-GARY aux éditions du Seuil, 17 euros.


Une génération toujours plus "talentueuse" aime-t-on à dire s'infiltre régulièrement dans le monde merveilleux de la littérature et use de celle-ci de manière ingénieuse et joueuse. Elle vivifie ainsi les mornes normes du récit, s'en défait pour s'en aller voguer à l'aventure avec pour tout bagage sa poésie, c'est à dire le doux son de sa propre musique. Il arrive parfois qu'elle touche un public qui n'attend souvent rien d'autre qu'un alignement de mots qui l'éloigne de ses préoccupations premières.

Ce programme assez flou mais prometteur est ici réuni dans l'univers d'Amélie Lucas-Gary qui déborde d'idées.

Hic se présente comme la troisième aventure romanesque de l'auteur après Grotte et Vierge. Les personnages de ses livres n'avaient jusqu'ici jamais représenté en vrai la vie de l'auteure. Ils étaient des bifurcations plutôt fantasques d'un monde dont la réalité ne cherchait pas à s'imposer. Cette fois, le ton change ainsi que l'ambition. Le récit fantastique demeure mais il prend racine dans le lieu d'habitation de la narratrice aux traits fortement ressemblant à l'auteure.
A Ivry-sur-Seine une maison pavillonnaire constitue le point de départ d'une odyssée qui , de chapitre en chapitre, part à la recherche du temps jusqu'à en toucher son point initial : le big bang !
Les sauts dans le temps se font toujours plus spectaculaires tout en restant ancrés en ce lieu de bord de Seine aujourd'hui le plus anodin qui soit. L'expérience déboussole mais suscite une curiosité aussi bien intellectuelle qu'émotionnelle. Où s'arrêtera ce voyage ? Nulle-part si ce n'est, par une acrobatie géographique qui nous propulse de l'autre coté du globe, à Wellington, capitale néo-zélandaise.

C'est ici qu'Amélie Lucas-Gary a effectué un voyage et que commence une nouvelle errance. l'écrivaine  ne souhaite pas restituer son expérience réelle de cet "autre" bout du monde ou plutôt la modifie en lui injectant un scénario qui active sa brillante imagination.
Sujette à des tremblements de terre, la Nouvelle-Zélande, "terre de contraste", suggère des apocalypses à notre romancière qui ne semble atteinte par aucune limite. Amélie Lucas-Gary joue à se faire peur sans oublier de se moquer de sa terreur.
Hic dans sa définition est un point délicat voire un obstacle majeur qui signifie aussi en latin : ici.
La clé du livre est dans l'acceptation de ces deux sens.

Monk ! de Youssef DAOUDI

Monk ! de Youssef DAOUDI aux éditions Martin de Halleux, 35 euros.


Voici une démonstration superbe qui résume le génie d'un musicien.

Mais Youssef Daoudi ne craint pas non plus l'exhaustivité, son album représente plus de 300 pages qui explore la silhouette du compositeur illustre que fut Thélonius Monk.
Son point d'attache est l'amitié qui lia le pianiste à une mécène, Pannonica de Koenigswarter, une riche héritière de la famille Rothschild.

La bipolarité de Monk a pris beaucoup de temps avant d'être diagnostiquée. Pannonica n'a jamais renoncé à le protéger croyant en son génie jusqu'à sa reconnaissance absolue.
Toute la force de Monk ! réside dans ce combat pour l'avènement d'un style, d'une manière de jouer unique sans que l'on entende une seule note...

Bien sûr l'envie ne manque pas de se précipiter sur les enregistrements les plus célèbres de l'artiste ou de visionner les quelques prestations musicales visibles sur internet mais le roman graphique très précis sur les rencontres, les créations et autres atermoiements de la vie de Monk captivent le lecteur. La gestuelle de Monk accapare le livre, sa danse permet de voir sa différence avec les autres jazzmen qui l'ont considéré comme atypique sans renier son talent musical.

Monk ! trempe son encre dans l'essence du jazz, celui de New-York où les figures brillent comme des étoiles nommées Duke Ellington, Dizzie Gillepsie, Miles Davis, Gerry Mulligan, John Coltrane, Art Tatum, Charlie Parker... Un cocktail explosif totalement maîtrisé.












Qu'y a-t-il sous la mer ?

Qu'y a-t-il sous la mer ? de Maud Sene, éditions L'école des loisirs, 12.70 euros:


Qu'y a-t-il sous la mer ? Et bien voici une vaste question !
Alors que Corni avait trouvé un joli coquillage qu'une vague a malheureusement emportée, son ami Achille a la brillante idée de .... vider la mer! En effet, quoi de plus simple avec le renfort de tous leurs amis: à l'aide de seaux de toute taille et prenant soin de reloger temporairement requins, baleines et autres animaux marins, chacun s'y met et, petit à petit, paraît le magnifique spectacle du fond des océans. 
Seulement à côté des merveilles naturelles gisent déchets et saletés.
Impossible pour nos compères de rester sans rien faire: ni une ni deux, tous s'attaquent au nettoyage pour rendre la mer plus belle !

Un joli album pour les 3/6 ans que vous pourrez retrouver parmi les autres livres qui animent notre vitrine:






samedi 18 juillet 2020

Bibli'O Jardin


Feu pour feu de Leye ADENLE

Feu pour feu de Leye ADENLE aux éditions Métailié, 21 euros:



Lagos : paradis des embouteillages, nous informe la quatrième de couverture. Le bouillonnant roman de Leye Adenle doit tenir sa recette dans cet axiome, sans quoi un véritable mystère plane sur la capacité du romancier à rebondir sans cesse, passant d'une séquence à l'autre au cœur d'une mégapole africaine largement méconnue.

Tout commence par le crash d'un avion privé qui, par une mordante ironie, se produit au-dessus de la maison des victimes. Il y avait donc à son bord un homme qui avait l'ambition d'être le prochain gouverneur de l'Etat de Lagos et sa mort redistribue en quelque sorte les cartes.
A l'autre bout de la ville, un terrible lynchage se produit aux abords du marché, auquel assiste en pure perte Amaka, une avocate que l'auteur a déjà utilisée dans Lagos lady, son précédent livre.

Quels liens vont relier Amaka à la mort de l'homme politique ? Que va-t-elle pouvoir éviter à la suite de ce qu'elle a vu sur le marché ?
Tant d'autres événements vont apparaître et surprendre, révélant une image de Lagos aussi foisonnante que New-York. Nous laisserons le lecteur curieux découvrir par lui-même cette chape   de la société nigériane qui se livre à chaque page. Corruption, prostitution, fraude électorale se chevauchent dans un concert high-tech couronné de belles voitures et de belles femmes.

Les courts chapitres qui constituent Feu pou feu instaurent un état d'urgence permanent sectionné en plusieurs lieux qui réclament de nombreux protagonistes. Leye Adenle risque de perdre la compréhension de ses lecteurs mais il met un grand brio dans son découpage narratif, un équilibre apparaît et l'on adhère jusqu'au bout au thriller concocté.

Cuisine centrale de TROUBS


Cuisine centrale de TROUBS aux éditions Pollen - Ouïe/Dire - Les Requins Marteaux, 13 euros.


Avec toute la simplicité que réclame pareille approche, le dessinateur Troubs s'est rendu dans une collectivité préparatrice de repas collectifs. Une immersion qui dure sur le papier le temps d'une journée.

Simplicité et méticulosité s'associent pour rendre compte d'une organisation dans le travail.

Dans cette journée Troubs ne s'est sans doute pas levé le premier mais c'est tout comme, il croque selon leur arrivée les personnages qui mettent en branle la vie d'une cuisine collective nommée en la circonstance : Cuisine centrale.

Le travail de Troubs consiste à ériger un portrait du personnel. Il leur laisse la parole dès lors qu'ils doivent expliquer leur tâche mais en substance il tisse les liens qui les relient, leur complicité, la place qu'ils occupent au sein du groupe et offre à chacun une déterminante importance.

Ce portrait de groupe prend peu à peu une résonance singulière, à travers les paroles de ces gens modestes et pourtant particuliers. Une faille se détecte, une somme de non-dits qui est recouverte par l'attachement considérable de ces personnes à leur travail.

Sans le dire vraiment, Troubs dévoile la grande unité de Cuisine centrale, la valeur sociale du lieu, l'intégration - puisqu'on finit par le déduire - qu'elle procure. On n'élabore pas ici une grande cuisine, celle-ci s'en va dans les écoles ou des Ephad mais on comprend et surtout on voit à quel point celle-ci est confectionnée avec soin, précision et volonté du travail bien fait. En feuilletant ce court album, des visages éclairent chaque page, des regards lumineux et fiers nous sont adressés et donnent au recueil une grande et véritable beauté.


PAF !



PAF !de Jérôme Camil, éditions Alice Jeunesse, 15 euros (à partir de 3 ans):



Attention, que plus personne ne bouge ! Un odieux crime a été commis cette nuit et l'inspecteur Rustik et son adjoint sont sur l'affaire. Même mode opératoire que précédemment, pas de doute, nous avons à faire à un tueur en série.
Heureusement nos enquêteurs sont de fins limiers et, après interrogatoire du voisinage, aucun indice ne leur échappe. Le tout est de savoir les interpréter....

Avec beaucoup d'humour, ce sympathique album emmènera les plus jeunes lecteurs dans une folle enquête où les inspecteurs ne sont pas forcément ceux que l'on croit et où l'un des plus grands mystères de l'humanité pourrait bien finalement trouver sa solution.
Quant aux adultes qui liront l'histoire aux enfants, nous sommes d'ores et déjà certains qu'ils y verront une douce et amusante vengeance en pensant au prochain moustique qui aura eu envie de les prendre pour festin.

samedi 11 juillet 2020

Bibli'o Jardin MAAT


Mercredi dernier, Dominique Dayau a inauguré les "Bibli'o Jardin",
 rencontres autour d'un livre,
 organisées par la Médiathèque du MAAT et animées par la librairie !

Notez dès à présent les dates des prochains rendez-vous dans le jardin:
- Jeanne Faivre d'Arcier qui présentera ses livres pour enfants sur le Bassin
 Mercredi 22 Juillet à 15h00
- Guy Rechenmann qui présentera son dernier roman policier " Une étoile en enfer"
 Mercredi 12 Août à 15h00
- Jean-Pierre Castelain qui présentera son dernier ouvrage "La saga Quervennec"
 Mercredi 26 Août à 15h00

(en cas d'intempérie, les rencontres auront lieu à l'intérieur)

Ma première journée au FBI de Jean-Pau CHABRIER

Ma première journée au FBI de Jean-Pau CHABRIER aux éditions Le Tripode, 16 euros.


New-York, bien-sûr, par une froide nuit d’hiver. Ozzy, policier de son état (au 87e district) prend la parole (il ne la rendra plus). Une petite musique s’insinue à petit feu et parcourt un chemin d'abord new-yorkais puis complètement américain. Tout cela est tellement précis que l’on soupçonne le créateur de ce policier si disert de n’y avoir jamais mis les pieds. 

Peu importe, Ozzy est de retour chez lui au bout d’une harassante journée. Une femme dort : Daisy. Ce deuxième personnage n’a aucune réplique à fournir, Ozzy se chargeant de rendre quelques-unes de ses paroles, celles des jours heureux car Daisy - il ne fait pas de doute - va quitter Ozzy. 

Inutile de chercher, les références grouillent. Ozzy va s’épancher la nuit durant sur sa relation avec Daisy. Cette histoire le mine bien plus que sa prochaine affectation au FBI qui est annoncée pour le lendemain. Quitter le 87e pour le FBI n’est pas ressenti comme une promotion. 

Ozzy ne reste pas longtemps chez lui. Il sort dans la nuit et retrouve son médecin Donald Freud. Un psychanalyste qui consulte à bord d’une limousine. Notons qu'une incalculable liste de modèles de voitures américaines (avec leur couleur) vont agrémenter ce sinueux récit convergeant vers la conscience d’un homme éperdu d’amour pour une femme qui va vraisemblablement le quitter. 

Quel plaisir alors éprouve-t-on à la lecture d’une histoire à l'issue si prévisible ?
Dérisoire, incertaine, confinée, la nuit d’Ozzy embrasse la fascination de l’auteur pour l'Amérique et ses clichés (qui ont la peau dure). Ozzy, bien que fragile et perdu, se révèle comme un tenace partenaire de lecture. Un ami américain qui nous veut beaucoup de bien.

L'épouvantail au cœur de paille

L'épouvantail au coeur de paille de Beth Ferry et The Fan Brothers, éditions Little Urban, 13.50 euros:



L'épouvantail, voici un être qui ouvre souvent les portes de l'Imaginaire. Personnage généralement effrayant et mystérieux, Beth Ferry et The Fan Brothers le font ici tout autre et le transforme ainsi en un héros de paille qui réchauffe le cœur.

Immobile au fil des saisons, notre épouvantail voit le temps passer sans qu'aucune créature des bois n'ose s'approcher, jusqu'au jour où un petit oisillon tombé du nid va pouvoir trouver refuge dans la chaleur de sa paille. De là née une amitié sans faille qui grandit à l'image du petit oisillon devenu beau corbeau noir. Seulement comme tout oiseau, le corbeau prend un jour son envol pour découvrir de nouveaux horizons, laissant ainsi l'épouvantail à nouveau seul. Mais la douceur du foyer appelle heureusement bien souvent les oiseaux à revenir au nid ....

Un album dont les très belles illustrations raviront les plus jeunes à partir de 3 ans.



vendredi 3 juillet 2020

La soustraction des possibles de Joseph INCARDONA

La soustraction des possibles de Joseph INCARDONA aux éditions Finitude, 23,50 euros.


A l'évocation du titre du dernier livre de Joseph Incardona, un soupçon d'abstraction nous saisit. Une explication adviendra au moment voulu dans ce roman-fleuve dont on retient à son terme une ambition qui n'avait jusque là jamais atteint de pareils sommets dans l'oeuvre de son auteur.
Son sujet est sensible, Joseph Incardona est un genevois de souche. Bien qu'il soit tout à fait étranger à l'histoire il en demeure l'omniprésent narrateur.
La force et l'originalité de La soustraction des possibles  tient dans cette posture de l'auteur qui noue un rapport intime avec Genève. Quoi de plus naturel alors de frayer avec le monde bancaire, les transactions, le blanchiment...
Joseph Incardona met à cœur de nous montrer chaque étage, très compartimenté, d'une corruption à grande échelle. Celle qui ne finit jamais ou presque derrière les barreaux.
Une histoire d'amour, nous dit l'auteur, est la trame de ce livre. Nous savons qu'elle finira mal. Le romantisme, les sentiments et la passion s'opposent à la froideur mathématique qui régit l'argent. Il y a peu de chance de s'épanouir dans le cercle vicieux de l'ultra capitalisme qui peut s'offrir aussi bien les corps que les âmes.
La soustraction des possibles relève du malaise des hommes et des femmes que domine leur irrépressible attrait pour l'argent.
En composant un polar, Joseph Incardona s'ouvre à un plus large champ romanesque et compose une fresque saisissante d'une ville et des mécanismes redoutables qui la gouvernent. L'entreprise littéraire s'avère quant à elle comme une totale réussite.

Les Schtroumpfs et le vol des cigognes

Les Schtroumpfs et le vol des cigognes , éditions Le Lombard, 10.95 euros:



Ils sont de retour ! Nos adorables petits bonshommes bleus aux caractéristiques bien connues connaissent une nouvelle aventure pour le bonheur des plus jeunes (et avouons-le des moins jeunes qui retrouvent là une petite madeleine de leur enfance).

Au village des Schtroumpfs, comme tout un chacun le sait, point de gare routière ou ferroviaire pour pouvoir voyager loin. Heureusement, les cigognes, amies désormais de longue date, assurent un transport rapide et même plutôt confortable. Seulement voilà, ce n'est pas leur seule utilité aux yeux de l'infâme Gargamel qui, comme à son habitude, ne manque pas une occasion de vouloir faire du profit et s'est ainsi mis en tête de les capturer. Bien sûr notre vaillante petite troupe d'intrépides n'est pas de cet avis.
Qui de lui ou des petits lutins schtroumpfera ? Nous vous laissons dans cet insoutenable suspense ... 


Je suis la méduse


Je suis la méduse.de B. Fontanel, A. Huard, éditions Les Fourmis Rouges, 17.90 euros


Il était une fois...une méduse.
Elle nous invite à la suivre dans son périple, du fond des océans, où elle évolue en volutes gracieuses et nacrées jusqu'au rivage où elle devient la mal-aimée.
Scrutée, malmenée puis abandonnée aux rayons impitoyables du soleil. Gélatine translucide et vénéneuse.
Et si...et si l'histoire ne se terminait pas sur ce triste rivage? Et si la mal-aimée reprenait son voyage...

Une belle histoire, mélancolique et tendre, portée par une illustration toute en dentelles, froufrous et couleurs chatoyantes.
Un feu d'artifice pour les yeux et le cœur!