samedi 27 décembre 2014

Blake et Mortimer tome 23

Les aventures de Blake et Mortimer, Le bâton de Plutarque d'Yves SENTE et André JUILLARD éditions Blake et Mortimer, 15,95 euros.

Pour cette 23ème aventure, un épique combat aérien orne la couverture du nouvel album de deux héros légendaires de la bande dessinée. L'imagination des héritiers d'Edgar P. Jacobs semble sans limite, le contexte de la Deuxième Guerre Mondiale est certes toujours inspirant mais cette fois, le monde de l'espionnage et du contre-espionnage aidant, nous atteignons des altitudes bien plus hautes que celles illustrées sur la couverture de l'album.
Comprenons que le capitaine Blake est d'ores et déjà un héros de l'aviation embarqué sur le porte-avion l'Intrépide lorsqu'une attaque surprise allemande menace directement Londres. Il s'agit d'un avion ultra rapide mis au point dans le secret mais les anglais disposent eux aussi d'un prototype rivalisant avec celui conçu par les ingénieurs d'Hitler. 
Avouons aussi qu'un vaste complot structure le scénario du Bâton de Plutarque. Des personnages intrigants ne cessent d'alerter la vigilance du capitaine Blake bientôt rejoint par son savant ami Mortimer qui s'active au cœur d'une base nichée dans un canyon que des des nuages artificiels dissimulent. C'est là que se prépare la prochaine guerre mondiale car celle qui est en cours est d'ores et déjà gagnée par les alliés mais une autre plus incertaine se dessine à l'autre bout du monde, en Asie.
Tout ne sera pas résolu lors de cet épisode manichéen, seul le nœud échafaudé à Gilbratar sera dénoué au bout d'une troublante découverte. Le bâton de Plutarque n'aura alors plus de secret pour vous, c'est, du moins, ce que nous vous souhaitons en cette réjouissante période de fêtes.

Lulu et le château des Quatre Saisons de Picouly et Pillot

Lulu et le château des Quatre Saisons de Daniel Picouly et Frédéric Pillot, éditions Magnard, 16.20 euros

La lumière chatoyante d'un beau couché de soleil et la douce chaleur des rayons du soleil disparaissant, voilà une belle soirée d'été dont  Lulu Vroumette, petite grenouille verte, et ses amis aiment à profiter. Quelle ne fut donc pas leur surprise quand au réveil, le lendemain matin, ils découvrirent tous un paysage immaculé d'un épais manteau de neige! 
L'affaire est grave, réunion immédiate à la grange! Tous sont là sauf Lapin Rien-ne-sert qui préfère continuer à s'entraîner pour battre des records de vitesse et être arrivé avant même d'être parti.
Personne n'ayant la moindre idée sur la cause d'un tel bouleversement, il n'y a plus que le Hibou Qui-sait-tout qui peut les aider. Direction le château des Quatre Saisons où Dames Printemps, Eté, Automne et Hiver résident. Leur problème est des plus délicats: la Clef de Verre qui permet de remonter l'horloge du Grand Eveil Matin a disparu; ces dames ne savent donc plus à quel moment se lever ni dans quel ordre. Lulu Vroumette et ses amis se lancent alors à la recherche de cette clef qui finalement n'a peut être pas disparue toute seule...

Album à partir de 4 ans.

samedi 20 décembre 2014

Joyeux Noël, Splat! de Rob Scotton

Joyeux Noël, Splat! de Rob Scotton, éditions Nathan 13.90 euros

Notre ami Splat est de retour! Nous retrouvons ce jeune matou très attachant à la veille de Noël lors de l'écriture de SA lettre au père Noël. Son seul souhait? Avoir un très très gros cadeau! Mais sa petite soeur, en bonne petite soeur, le fait douter: un très très gros cadeau, c'est forcément pour les très très gentils chats et là stupeur! Il a forcément été gentil mais l'a-t-il été suffisamment? Nous sommes le 24, il n'est pas encore trop tard, le voilà qui se lance dans une course effrénée aux bonnes actions et tant pis si ça veut dire relaver la vaisselle que sa mère vient de finir de laver ou décorer le sapin qui l'est déjà... S'en suit la plus longue nuit de sa vie: est-ce que le père Noël passera et, surtout, est-ce qu'il lui apportera son très très gros cadeau?
Un seul moyen pour vous de résoudre l'énigme: vous précipiter avant le 24 sur cet album pour les 6/7 ans!

Première neige sur le mont Fuji de Yanusari KAWABATA

Première neige sur le mont Fuji de Yasunari KAWABATA aux éditions Albin Michel, 16 euros.

Six nouvelles inédites, jamais traduites, de l'immense auteur des Belles endormies. On pourrait croire qu'elles sont mineures mais non, elles appartiennent pleinement au grand œuvre du prix Nobel de littérature1968.

Pour la plupart, elles sont tirées par un même élan vers le passé, il suffit que l'on détricote la vie d'un personnage ou d'un couple et, à partir d'une situation simple et banale -le constat de la première neige sur le mont Fuji par exemple-, des existences entières se recomposent avec une grande tendresse.
 
Cela peut être aussi puisé dans un quotidien plus banal  mais les éléments naturels demeurent à chaque fois présents. Des gouttes de pluie, la chute des feuilles, le soleil couchant sur un lac, des observations immédiates qui procurent une palette de sentiments ouverte sur le passé. Untel revient en rêve (par hélicoptère !) dans le village de son enfance, il y retrouve une amie telle qu'il l'a connue enfant, puis surgit sa grand-mère et un secret qu'il ne pensait jamais pouvoir être révélé a été découvert, il y a déjà bien longtemps. 

C'est peut-être avec la nouvelle En silence que le grand art de Kawabata se révèle le plus. La jeune femme, qui interprète les silences du grand écrivain muet pour celui qui est venu lui rendre hommage, transforme l'exercice en un subtil jeu de séduction dont aucun des protagonistes ne semble être dupe.
L'humour fait son nid mais il n'est jamais séparé d'une douce et secrète mélancolie que l'on retrouve intacte dans Une rangée d'arbres qui rappelle à toute une famille l'éloignement d'un fils par le truchement de la chute des feuilles d'un Ginko Biloba.

Enfin, La jeune fille et son odeur qui clôt le recueil emprunte son inspiration encore au souvenir et à la commémoration. Le comique côtoie le tragique avec d'infinies précautions tout au long du récit d'un homme irrésistiblement attiré par l'odeur d'une jeune femme qui lui répond ainsi :
Chaque fois que tu me parles de ça, je suis à la fois terriblement gênée et tellement contente ! Mais si d'autres hommes captaient mon odeur, alors je préférerais mourir !
La jeune femme de dix-sept ans exige cependant que leurs rendez-vous aient lieu en un endroit discret proche de là où sa mère est enterrée. Et voilà qu'à partir d'une situation particulière, une vie entière est confessée.

Écrites tout au long des années 50, les nouvelles de Kawabata décrivent une société japonaise encore mortifiée par la guerre mais gagnée aussi par une volonté farouche de modernité. 

samedi 13 décembre 2014

Noces de cire de Rupert THOMSON

 Noces de cire de Rupert THOMSON aux éditions Denoël, 22.50 euros. 

Noces de cire est un titre trompeur malgré son étrange beauté qui, quant à elle, est une juste appréciation de ce roman. 

L'action se déroule à Florence en 1691 mais c'est un sicilien natif de Syracuse qui en est le héros. L'homme est un artiste, il se nomme Zummo et tire son art de ses reproductions réalistes de corps atteints par la maladie notamment la peste. Le voici invité par le grand-duc de Toscane (il s'agit de Cosme III de Médicis), un homme délaissé par sa femme venue de France (Marguerite Louise d'Orléans) qui est retournée en son pays où elle vit désormais recluse dans un couvent. 

Zummo aura une mission secrète mais dans la ville de Florence, tout est plus ou moins secret surtout dans l'entourage du grand-duc qui forme des entrelacs de mystères où chaque personnage rencontré par Zummo semble s'exprimer par ellipses. 

En revanche, la découverte de Florence par les gens du peuple, dans les ruelles et les arrières-cours, à l'auberge, sur les marchés et dans les tavernes, est autrement plus réjouissante. De ce petit monde hétéroclite, un véritable coup de foudre se produit, à travers la vitre d'un apothicaire, entre Zummo et une jeune femme . 

Des semaines passeront avant qu'ils ne se revoient lors d'une réception au palais du grand-duc où la jeune femme apparaît en tant que serveuse.
Zummo travaille d'arrache-pied à la réalisation de la commande du grand-duc qu'il entrecoupe par de rares rencontres avec celle qu'il aime désormais passionnément et dont il connait enfin le nom, Faustina. Faustina lui révèle peu à peu ses origines et ses liens cachés avec le grand-duc. Mais l'espionnage si répandu à Florence finit par menacer Zummo dont l'enfance et la jeunesse furent toute sa vie attaquées par la rumeur, plus précisément par son frère qui le renia .

Ce très grand et très beau roman historique prend vers sa fin une dimension digne des meilleures intrigues policières. On s'émeut de la relation amoureuse entre Zummo et Faustina dans une époque et un  lieu rendu avec mille détails. Les parfums et les couleurs de Florence sont à portée de mains grâce à la riche prose déployée par l'auteur. 

En un mot, c'est superbe.

Un dimanche chez Bam et Kéro de yuka Shimada

Un dimanche chez Bam et Kéro de Yuka Shimada, editions yoaké, 14.99 euros

Si en ce dimanche la pluie fait le bonheur de la petite Kéro, belle grenouille verte, il n'en est pas du tout de même pour son ami Bam pour qui ce n'est pas du tout un temps à mettre la truffe dehors. Mais que faire? Avec la pagaille laissée par Kéro dans la maison, un bon coup de ménage est plus que nécessaire: balai, aspirateur, serpillère tout y passe, même Kéro! La maison étincelante, tout est prêt pour s'adonner à leur loisir préféré: la nourriture du corps et de l 'esprit! Mais tout n'est pas si facile et le grenier où se cache leur livre favori leur réserve bien des surprises....

Voilà comment un dimanche morose devient haut en couleurs, ce qui ravira les plus jeunes de 3/5 ans!

samedi 6 décembre 2014

Le vrai lieu d'Annie ERNAUX

 

Le vrai lieu d'Annie Ernaux (entretiens avec Michelle Porte) aux éditions Gallimard, 12.90 euros.

S'il fallait un jour inciter quelqu'un à découvrir Annie Ernaux, Le vrai lieu serait une porte d'entrée idéale.
Les questions de Michelle Porte dans cet entretien long d'une centaine de pages apportent des éléments sur ce qu'a été la vie et l’œuvre d'Annie Ernaux. 
Comme il a été justement dit sur France-Culture, les fidèles de l'auteur n'apprendront rien de très nouveau sur la jeune fille d'Yvetot (Normandie) qui a grandit entre l'épicerie et le café tenus par ses parents. Ils retrouveront en revanche la justesse d'une parole et des vérités premières sur la vie et l'écriture avec ce petit plus supplément d'âme qui distingue Annie Ernaux de beaucoup d'autres écrivains.
Le parcours retracé durant cet échange est scandé par des chapitres qui s'annoncent comme des livres entiers : Paris je n'y entrerai jamais, Ma mère c'est le feu, Je ne suis pas une femme qui écrit, je suis quelqu'un qui écrit, Ecrire c'est un état...
Le parcours social comme on a coutume de le nommer et qui colle à la peau d'Annie Ernaux est bordé d'un parcours littéraire revisité avec délectation.
Le livre était un objet sacré
De Margaret Mitchell à Kafka, de Maupassant considéré par les normands comme un écrivain à eux au contraire de Flaubert , à Charlotte Brontë et Jane Eyre, de Daudet et Le petit chose à Stendhal avec Le rouge et le noir et L'éducation sentimentale, jusqu'à Sartre et La nausée puis Beauvoir et Le deuxième sexe plutôt que Les mémoires d'une jeune fille rangée... Le livre, effectivement, chez les Ernaux, était un objet sacré.
L'enfance, l'adolescence, l'âge adulte, tout revient avec pertinence lors de ces entretiens. L'heure du premier envoi du premier roman (Les armoires vides publiés en 1974), l'avènement de La place et plus tard Les années, ce retour vers soi est raconté avec l'exigence intellectuelle de quelqu'un qui a longtemps réfléchi sur l'acte d'écrire et qui peut désormais en parler librement. 
L'étude sociologique a œuvré et l'intérêt dès lors redouble pour la compréhension du métier d'écrire. 

samedi 29 novembre 2014

Aller simple pour Nomad Island de Joseph INCARDONA


 

Aller simple pour Nomad Island de Joseph Incardona, éditions Seuil, 19 euros

La famille Jensen avait choisi de passer une semaine de rêve sur une île paradisiaque de l'océan indien. On y vantait ses charmes sur internet et Madame Jensen s'était laissée séduire. 
Ils sont donc arrivés, Monsieur et Madame Jensen accompagnés de leurs enfants, sur un lieu à part où l'on oublie tout et surtout où l'on est oublié de tous.
Aussitôt le village de vacances qui les héberge se met à influencer chacun des membres de la famille Jensen. Le premier matin, le père constate au bout de son jogging qu'un réel enfermement se concrétise tout autour du village avec des clôtures barbelées, qui plus est, tournées vers l'intérieur. Pendant ce temps, Madame Jensen s'adonne à une séance de bien-être hors du commun qui semble littéralement l'aspirer tandis que sa fille, une adolescente au bord de la rébellion, se résout avec une frondeuse détermination à la perte imminente de sa virginité. Enfin, le petit dernier, un garçon surdoué de huit ans, s'épouvante de l'autorité menaçante de la monitrice qui prend en charge son apprentissage de la plongée sous-marine. Ce sera lui, le premier, à comprendre ce qui se trame sur cette île, initiés par deux nouveaux amis malmenés comme lui lors des séances d'animation. Ils envisageront dès lors une tentative d'évasion. 
Les quatre Jensen reconnaissent chacun une vérité différente à la vie qu'ils mènent au village. Quand celui-ci révélera t-il pour de bon son inquiétante finalité ?

Le suisse Incardona a du beaucoup fantasmer sur ces îles propices à une consommation effrénée des crèmes solaires. Le thriller qu'il  nous sert avec, comme à son habitude, une forte dose d'humour, procure néanmoins un véritable frisson à la fin de chaque chapitre.
La progression de son histoire aux résonances multiples (la série télé Le prisonnier, Jurassic Park, L'île du Dr Moreau etc..) réserve un plaisir constant voire addictif qui s'empare du lecteur enfermé, comme les Jensen, dans un univers qui sent fort le sable chaud. 
Impitoyable, Joseph Incardona s'amuse au paradis dans lequel il fabrique, en bon horloger, une mécanique diabolique remplie de petites roues crantées dans lesquelles se cache une bombe infernale nommée Famille...

Jeu de l'oie du Bassin d'Arcachon




A l'occasion de la sortie en librairie du
Jeu de l'Oie du Bassin d'Arcachon
les éditions Capucine
sont heureuse de vous inviter


MERCREDI 3 DECEMBRE à 17h30



autour d'un apéritif 
durant lequel Pierre Teissier le concepteur du jeu, 
Charles Daney l'auteur des textes, 
Frédérique Ruault le photographe 
et Mélissa Charrier l'illustratrice
vous présenteront ce nouveau jeu qui ne manquera pas de réunir 
petits et grands 
du Banc d'Arguin aux cabanes tchanquées en passant par des lieux incontournables ou méconnus !

dimanche 23 novembre 2014

Meursault, contre-enquête de Kamel DAOUD

Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud, éditions Actes Sud, 19 euros

Cuisine interne, les prix sont finis.
Parmi les nommés, Kamel Daoud a longtemps fait parler de lui. En raison d'Albert Camus, bien sûr, le "héros" tel qu'il est souvent appelé dans Meursault, contre-enquête. Cela a joué pour et contre Kamel Daoud. 

Il est vrai que longtemps on ne sait où veut en venir Haroun le narrateur de Meursault, contre enquête. On comprend vite que celui-ci revendique être le frère de l'arabe tué dans L'étranger mais il se garde bien de citer le titre du livre. C'est une des clés narratives du roman qui ne cesse d'évoquer l'épisode central du grand livre de Camus, l'assassinat d'un arabe sur une plage d'Alger en plein soleil, il y a plus de soixante ans, par un français du nom de Meursault. Et c'est bien là le hic de cette histoire qui tourmente Haroun constatant avec effroi que si l'assassin porte un nom, la victime, elle, reste anonyme.

Nous prenons donc connaissance de l'histoire de Moussa, l'arabe tué en 1942 jamais nommé dans L'étranger. Plus précisément, nous écoutons l'histoire d'Haroun dont nous découvrons le tempérament et  les secrets qui l'accompagnent. Sa vie a traversé l'histoire de la jeune nation algérienne de 1962 à nos jours. Elle nous est racontée du fin fond d'un bar qui héberge chaque jour ce frère hanté par un mort, un martyr mais encore, longtemps étouffé par une mère amputée d'un fils au détriment d'un autre qui a eu le tort de rester en vie.
Ce fils restant, qu'a t-il fait de sa vie à l'ombre de ce frère, tué deux fois, dans la vie réelle, puis dans un livre ?

Kamel Daoud  n'instruit pas un procès à l'encontre de Camus, bien au contraire, il en épouse malicieusement le style (donc les thèses), notamment lors de l'interrogatoire subi par Haroun dans les jours qui suivirent l'indépendance de l'Algérie. Une forme de détresse apparaît chez lui, ponctuée par un vif désenchantement. S'adressant à un témoin invisible et muet, Haroun raconte ce qui pèse en son âme depuis ses plus jeunes années jusqu'à aujourd'hui où il passe pour un vieux fou.
Kamel Daoud procède par interpellation : "As-tu bien noté ? Mon frère s'appelait Moussa. Il avait un nom. Mais il restera l'Arabe, et pour toujours." 

Le lecteur, qui ne sait rien de cet arabe tué dans L’étranger, va connaître la face cachée de cette histoire, autrement dit, le point de vue algérien. Mais ce point de vue est dépourvu de haine, il évite tous les écueils du ressentiment facile. Nous sommes à l'opposé de la caricature qui se résumerait au bon arabe contre le mauvais français. Kamel Daoud est présenté par son éditeur comme le chroniqueur journaliste le plus lu en Algérie. 
Autant dire qu'il n'appartient pas, loin s'en faut, au mouvement islamiste intégriste qu'il égratigne voire provoque à maintes reprises. Meursault, contre-enquête est un livre courageux, conscient des risques encourus et de la mauvaise interprétation possible de son sujet.
Le jury du prix Goncourt, à une voix près, a failli prendre un autre risque, celui de récompenser un livre audacieux qui interpelle son lecteur.