Il
s'agit d'une véritable quête, une épopée considérable. Et l'on peut
dire cela à propos de l'histoire du livre, mais aussi au sujet de
l'écriture même.
S'il est impossible de résumer Le dernier grenadier
du monde, il est en revanche indispensable de parler du commencement :
Mouzaffar Soubhdam a passé vingt-et-un ans en prison, et lorsqu'il en
sort, il ne lui reste rien. Pas même son identité car on le fait passer
pour mort désormais. En cherchant bien, il trouve cependant une raison
de vivre encore : retrouver son fils qu'il n' a connu que quelques jours
lors de sa naissance. Mouzaffar sait qu'en partant à la recherche de ce
fils, prénommé Saryas, il reconquerra petit à petit le sens d'exister.
Cette quête le mènera à la rencontre d'hommes et de femmes qui
ont cotoyé Saryas, eux-mêmes porteurs d'une histoire à tiroirs. Tous ces
tiroirs sont ouverts par Mouzaffar lui-même, qui prend connaissance de
la richesse de ces personnes en allant à leur rencontre. Mohammad
Delchoucha, homme au grand cœur, mort d'amour. Les sœurs Spi, intrigantes et suscitant la méfiance, unies par un mystérieux pacte.
Saryas, enfin, dont le rôle dans la guerre des charrettes sur les marchés
de la ville fait plonger le roman dans la violence et l' injustice.
Sans
oublier les trois grenades de verre, liens entre Mouzaffar et son fils,
entre les époques, entre tous les hommes. Ces trois grenades comme
différents chemins de vie : faites de lumières et d'ombres, à la fois fragiles et lumineuses.
"Il faut que les vivants aient en eux la force de crier à la place de ceux qui sont morts", tels sont les mots de Bakhtiar Ali. Ses personnages sont en effet tous porteurs d'une rage et d'une force de vivre au-delà des souffrances de la guerre. Avec un roman onirique, puissant et unique, Bakhtiar Ali offre à ses lecteurs la possibilité de repousser les limites de leur imaginaire.
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