La Librairie Générale vous invite autour d'un café à venir parler de votre coup de cœur de toujours, celui que vous offrez à tous vos proches, ou votre dernière découverte littéraire. Nous vous attendons pour partager un moment convivial pendant lequel vous pourrez nous dire deux mots (ou plus) sur un essai, un roman, un témoignage, de la poésie... tous les thèmes sont les bienvenus et les spectateurs aussi!
vendredi 31 mai 2019
Le zoo de Rome de Pascal Janovjak
Le zoo de Rome de Pascal Janovjak aux éditions Actes Sud, 19.80euros
Lorsque Giovanna pénètre pour la première fois dans le zoo de Rome, elle s'y perd. Les chemins sinueux qui le serpentent et une sensation étrange qu'on la regarde en permanence la font tourner en rond. Nous sommes en 1994, et cela est d'autant plus dommage pour elle qu'elle s'apprête à prendre possession des lieux, fraîchement nommée nouvelle directrice de la communication du zoo.
Même si elle parvient finalement à trouver son chemin (après y avoir rencontré par hasard l'homme qui occupera ensuite toutes ses pensées) , elle sent surtout que cette tâche ne sera pas facile: le zoo est fragilisé, au bord de la faillite.
Surtout, le zoo de Rome a une Histoire aussi riche que bancale. Retour en 1911, à sa création: le projet commence de manière catastrophique, avec cette obsession permanente de "donner du spectacle", quitte à avoir l'idée douteuse d'y implanter des hommes pour animer ce qui s'apparente à un vulgaire cirque. Le zoo ferme ses portes peu de temps après.
Entre 1911 et nos jours, Pascal Janovjak prend pour toile de fond ce zoo comme emblème de toute l'Histoire de l'Italie. Changeant en permanence de gérants, architectes, investisseurs publics ou privés, visées commerciales, le zoo de Rome accueille tous les aléas, lubies et manies de la nature humaine lorsqu'elle est soumise aux pressions politiques et à la loi du divertissement.
Dans un style empreint d'humour et de poésie, l'auteur alterne des anecdotes sur la véritable Histoire du zoo, et la fiction autour du personnage de Giovanna, italienne sensible et touchante. Son regard sur ces hectares remplis d'animaux venant du monde entier nous invite à nous voir, nous, visiteurs, avec un recul nécessaire.
Détox de Jim et Antonin Gallo
Détox de Jim et Antonin Gallo aux éditions Grand Angle, 16.90euros
"J'ai passé toute la journée comme une bouse, allongé à regarder les arbres... des arbres, des cons d'arbres encore et encore, pour soi-disant me détoxifier des lignes rectilignes de la ville, comme ils disent...[...] Je ne connais rien au processus de méditation, j'accepte d'être aidé mais ne me laissez pas seul, bande de brêles! [...] Je m'emmerde horriblement avec vos arbres... J'aime pas leur silence... J'aime pas qu'ils me jugent..."
A la lecture de Détox survient la question fatale: serions-nous prêts à décrocher totalement de notre téléphone portable et notre connexion internet? Bien sûr, diront certains. Pour Mathias, parisien, homme d'affaire dont la vie ressemble aux TGV que l'on voit passer à gros fracas, sa vie se résume à son travail. Toujours à calculer, entreprendre, séduire pour avancer. L'argent fait son bonheur... jusqu'à ce que sa secrétaire décède à la suite d'un accident vasculaire cérébral. L’électrochoc que cela lui procure lui rappelle l'évocation d'un stage "détox" qu'on lui a glissé dans une conversation lors d'une soirée au restaurant. Ni une ni deux, suivant la lueur du désespoir, le voilà au beau milieu des arbres, seul, livré à son pire ennemi: lui-même.
Un premier tome très réussi et drôle sur les déviances de nos sociétés ultra-connectées, dans lesquelles abondent les besoins de déconnexion. Le décalage entre ces deux modes de vie (suractif et zen) provoque un cataclysme en la personne de Mathias, parfait exemple de l'absurdité des hommes. Le deuxième tome est donc, d'ors et déjà, très attendu!
J'aime qu'on m'aime : une aventure de Pop le chien
J'aime qu'on m'aime : une aventure de Pop le chien de Emma Chichester Clark aux éditions Albin Michel Jeunesse, collection Panda Poche, 5.50euros
Pop le Chien croque la vie à pleins crocs, adore qu'on s'occupe de lui, qu'on le caresse et qu'on lui dise qu'il est un bon chien. Mais comme tous les chiens, et comme tous les humains, il ne peut absolument pas s'empêcher de faire quelques bêtises. Des petites, pas très graves, mais aussi des grosses! Ne pas résister à l'appel du copain qui l'invite à se baigner dans le bassin du parc, se languir devant une glace et insister jusqu'à ce qu'il l'ait au fond du gosier, se défouler en déchirant un coussin pour en faire voler toutes ses plumes, autant d'exemples qui font de lui un "vilain chien", selon les dires de ses maîtres et de ses petits voisins.
Mais si ses maîtres le punissent, est ce qu'ils arrêtent de l'aimer? Voilà une question à laquelle se proposent de répondre ces quelques pages pleines d'humour et de tendresse. Un sujet qui est au cœur des préoccupations de chaque enfant, et qui nous accompagne tout au long de notre vie.
A partir de 3 ans.
vendredi 24 mai 2019
En Mai c’est Macé (Gérard) : 4ème (et dernier) épisode.
Le lundi 27 et le mardi 28 mai,
La Librairie Générale d’Arcachon aura l’insigne honneur d’accueillir Gérard Macé en ses murs
(le lundi à 17h)
puis à l’hôtel Ville d’Hiver (le mardi à 18h).
Pour bien souligner l’événement exceptionnel de la présence les 27 et 28 mai prochains de Gérard Macé, nous allons reproduire chaque semaine (jusqu’à sa venue) des commentaires par lui-même à propos de son oeuvre, tirés du Cahier paru au Temps qu’il fait.
Cette semaine : Le goût de l'homme aux éditions Folio essais.
L'ethnographie, l'anthropologie sont des réservoirs de fables, une continuation de la mythologie dans le présent, après son interprétation dans l'Antiquité. Double exotisme, dans l'espace et dans le temps.
Le point de départ, c'est un doute à propos de Dieu d'eaux, le livre de Marcel Griaule que je n'ai suffisamment pu lire sans éprouver un grand malaise. Après m'être interrogé sur Ogotemmelli, l'informateur de Griaule, puis sur Griaule lui-même en Ethiopie (Le flambeur d'hommes ne plaide pas en sa faveur), il m'a semblé que le livre devenu fameux jusque chez les Dogons eux-mêmes, qui le récitent volontiers aux touristes, était une création mensongère, et l'illusion d'une totalité, parce que son auteur avait été pris d'une ambition littéraire qu'il n'était pas capable d'assumer. Se prenant pour Hésiode, il invente une mythologie qu'aucun Dogon n'a jamais eue en tête, au moins dans cette version. Il est vrai que nous avons fait la même chose avec la mythologie grecque, dont il ne nous vient pas suffisamment à l'esprit que c'est la notre.
Par constraste, la prudence de Dumézil expliquant patiemment des textes difficiles fait partie de son charme. Et quand il extrapole à propos d'une tradition indo-européenne, il sait qu'il prend un risque, il sait même que son invention est peut-être fallacieuse. Rien de mieux pour le suivre et lui faire confiance, d'autant que l'homme est présent dans ses textes si on a l'oreille un peu fine, et qu'un portrait se dégage peu à peu, surtout dans les notes des derniers volumes. De même, l'attention flottante de Pierre Clastres chez les Guayakis, son attente dont il sait qu'elle peut être infructueuse, lui évitent une attitude surplombante et le goût d'un savoir totalitaire.
Il est bien possible que ce triptyque forme une suite au Dernier des Egyptiens*.
* De Gérard Macé aux éditions Folio.
Comme un chef de Benoît PEETERS et Aurélia AURITA
Comme un chef de Benoît PEETERS et Aurélia AURITA aux éditions Casterman, 18,95 euros.
De leur belle et exigeante collection Ecritures, les éditions Casterman ont sorti (en 2018) Comme un chef qui retrace la jeunesse de l’auteur Benoît Peeters dessinée par Aurélia Aurita.
Né en France mais enfant bruxellois, ce brillant élève, se révèle passionné de cuisine. Dès son retour à Paris où il est admis en Hypokhâgne (à Louis-le-Grand) Benoît Peeters est bien décidé à profiter de la cuisine française qui fait alors sa mue avec quelques nouveaux chefs (les frères Troisgros, Alain Senderens, Michel Guérard…) qu’encenseront les fondateurs d’un guide désormais célèbre, Henri Gault et Christian Millau.
L’arrivée de Benoît Peeters en 1974 coïncide avec cette révolution des palais baptisée "nouvelle cuisine". L'auteur retrace cette odyssée culinaire où ses souvenirs réactivent la fraîcheur et la désinvolture des années soixante-dix.
Mais ce parfum d’histoire est d'abord une passionnante défense d’un art et de ses artistes que Benoît Peeters a côtoyés de près sans parvenir pour autant à en faire son métier. Pourtant, il fut un talentueux cuisinier et le demeure encore sauf que les voies du destin lui ont ouvert les portes de la célébrité via la Bande Dessinée et sa légendaire coopération avec François Schuiten pour Les Cités Obscures. Auparavant, il avait écrit des romans, des essais après avoir obtenu sa licence de philosophie.
L’autobiographie Comme un chef aborde tous les aspects de la vie du jeune Benoît. Ces coulisses ne contredisent en rien son parcours, pas plus que l’élaboration des plats qu’il destine désormais à ses amis, quitte à ne pas abandonner les fourneaux car une cuisson demande souvent une surveillance attentive.
C'était pour de faux! de Maxime Derouen
C'était pour de faux! de Maxime Derouen aux éditions Grasset Jeunesse, 14.90euros
Si un de vos enfants se met à tirer la capuche d'un camarade de classe, pas de panique, le maître ou la maîtresse est là. Il ou elle saura mettre de l'ordre, expliquer au coupable qu'il est dangereux et interdit de le faire, le punir si celui-ci se montre insolent, et l'embrouille sera vite réglée et rangée dans les affaires classées secrètes de l'école.
Seulement voilà, à l'école de Sophie la girafe et Bruno le crocodile, rien ne se passe comme prévu. Sophie accuse Bruno de lui avoir tiré la capuche, ce à quoi Bruno rétorque à la maîtresse: "C'était pour de faux!"
Pour de faux? sous-entendrait qu'il existe une façon de tirer une capuche innocemment, en faisant semblant? Il faut, pour résoudre cette question, faire appel à tous les animaux et tous les experts qui se lancent alors dans un véritable casse-tête. Le règlement intérieur de l'école ne répond qu'à la question du tirage de capuche pour de vrai. Le président de la république, quant à lui, capitule devant cette controverse.
La pagaille et la bagarre ne tarderont pas à prendre le relais...
A travers des dialogues et une histoire tout aussi drôles qu'intelligents, Maxime Derouen soulève la question de l'importance d'être sincère et le courage d'avouer ses fautes. Une lecture jubilatoire à lire à tous les enfants auxquels le mensonge peut apparaître parfois comme un refuge, mais aussi à tous les autres!
A partir de 4 ans.
vendredi 17 mai 2019
Dédicace de BRUNO BOUZOUNIE lauréat du prix Femme Actuelle 2019
Dédicace de BRUNO BOUZOUNIE, lauréat du prix Femme Actuelle 2019 samedi 18 mai de 16h à 18h30
"Avril 1992. Les membres inférieurs d’un corps sont retrouvés dans le
centre ville de Bordeaux. Le seul signalement auquel la police peut se
référer est celui d’un homme à la stature hors du commun. Sur fond de
rite païen et de légende arthurienne, un jeune lieutenant de police,
Damien Sarde, qui vient d’intégrer la PJ, plonge au cœur de sa première
enquête. Le criminel va restituer au fil des jours les morceaux du
cadavre inconnu, autant de pièces macabres au service d’un puzzle
machiavélique. Avec l’aide d’une universitaire québecoise, Damien Sarde
découvre peu à peu le rapport entre le meurtre et son passé. Un passé
qui, en refaisant surface, va se transformer en cauchemar..."
En Mai c’est Macé (Gérard) : 3ème épisode.
Le lundi 27 et le mardi 28 mai,
La Librairie Générale d’Arcachon aura l’insigne honneur d’accueillir Gérard Macé en ses murs
(le lundi à 17h)
puis à l’hôtel Ville d’Hiver (le mardi à 18h).
Pour bien souligner l’événement exceptionnel de la présence les 27 et 28 mai prochains de Gérard Macé, nous allons reproduire chaque semaine (jusqu’à sa venue) des commentaires par lui-même à propos de son oeuvre, tirés du Cahier paru au Temps qu’il fait.
Cette semaine : Le manteau de Fortuny aux éditions Le Bruit du temps.
"J'ai attendu longtemps avant de lire la Recherche. Je veux dire intégralement, et de la première à la dernière ligne. J'ai profité d'un début d'été propice, et j'ai mis deux mois pendant lesquels j'ai vécu avec Proust et ses personnages, mais plus encore dans un état second, entre l'enchantement et l'hypnose. C'est sans aucun doute ma plus grande expérience de lecteur, et je me souviens de mon inquiétude au fur et à mesure que je m'avançais vers la fin. Que faire après, comment vivre (et pas seulement lire) sans cette intensité, sans cette profondeur, sans se consacrer à l'essentiel, bercé par la voix du narrateur ?
La réponse est venue des mois plus tard, quand j'ai retrouvé le nom de Fortuny dans un guide de Venise. Je n'avais pas prêté attention à ce nom pendant ma lecture, mais il revenait comme un détail révélateur, et comme un sésame, qui me permettait de préparer un voyage, mais surtout de reparcourir la Recherche en entier. Son esthétique, ses couleurs orientales, les corps absents d'Esther et de Shéhérazade, et la métaphore même du manuscrit, que Proust a lui-même comparé à une robe. Avec les fameuses "paperoles", il ressemble d'ailleurs à ce qu'on appelle un "patron" en couture.
Du même coup je découvrais l'importance des étoffes pour ma propre sensibilité, ce qui est beaucoup plus qu'un bénéfice secondaire."
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