samedi 16 juillet 2016

Le camion qui livre 26 et 27 Juillet!

IL EST DE RETOUR!
Notre camion rouge préféré a repris sa folle tournée!
Depuis Fécamp jusqu'au Lavandou, le revoilà qui sillonne les côtes
et pour notre plus grand bonheur il s'arrêtera cette année encore à Arcachon
de sorte que vous pourrez y retrouver vos libraires et leurs conseils
MARDI 26 JUILLET
et
MERCREDI 27 JUILLET
les 2 jours place THIERS à partir de 10h00
Et cerise sur le gâteau, 
 Le camion qui livre des éditions du Livre de poche 
ne viendra pas seul car, en partenariat avec la librairie,
 il vous réserve 2 surprises dans ses bagages:
Mardi 26 Juillet à partir de 16h00: Le Labo des histoires animera un atelier d'écriture essentiellement à destination des moins de 25 ans
Mercredi 27 Juillet tout l'après-midi: Virginie Grimaldi dédicacera ses livres


Tu comprendras quand tu seras plus grande, éditions Fayard, 19.90 euros
Suite à une déception amoureuse, Julia se retrouve en poste dans une maison de retraite. En tant que psychologue, elle devient l'oreille attentive de tous les pensionnaires, au risque de très vite s'y attacher... 
D'histoires amoureuses en situations comiques, plongez-vous dans le dernier roman de Virginie Grimaldi!




 Le premier jour du reste de ma vie, éditions Le Livre de Poche, 7.10 euros
"Marie a tout préparé pour l'anniversaire de son mari : décoration de l'appartement, gâteaux, invités. Tout, y compris une surprise : à quarante ans, elle a décidé de le quitter. Marie a pris « un aller simple pour ailleurs ». Pour elle, c'est maintenant que tout commence. Vivre, enfin. Elle a donc réservé un billet sur un bateau de croisière pour faire le tour du monde. À bord, Marie rencontre deux femmes qui, elles aussi, sont à la croisée des chemins. Au fil de leurs aventures, parfois loufoques, elles pleurent et rient ensemble, à la reconquête du bonheur. Leurs vies à toutes les trois vont être transformées par ce voyage au bout du monde."








Le rapport Brodeck de Manu LARCENET (Tome 2)

Le rapport Brodeck Tome 2, l’indicible d’après le roman de Philipe Claudel, de Manu LARCENET aux éditions Dargaud, 22,50 euros.

Dans la deuxième partie de cette saisissante adaptation du roman de Philippe Claudel, le lecteur découvre les tenants et les aboutissants d’une ténébreuse histoire qui stigmatise le repli sur soi entrainant de ce fait la haine pour l’autre, l’étranger, le différent. 

Le village sur lequel Brodeck doit écrire son rapport est censé justifier le comportement de ses habitants au moment où ces derniers durent accueillir une compagnie militaire d’invasion. Dès le premier jour un régime de terreur fut instauré et Brodeck en fut l’une des premières victimes. 
On apprend alors quelle motivation inspira les villageois pour gagner les faveurs de la horde militaire commandée par un manipulateur pervers. 
On comprend dans le prolongement de cette affaire comment un homme, des années après la fin de la guerre, qui a élu domicile au village fut lui aussi victime d’une terrible vengeance de la part des villageois. 
Enfin, nous savons pourquoi la femme de Brodeck s’est subitement enfermée dans un mutisme définitif.

Le rapport Brodeck est bel et bien une histoire très sombre, sans morale sinon celle de la peur et du mensonge. 
Il faut lire les remerciements de la fin de l’ouvrage, notamment l’hommage rendu à Cabu qui donne une résonance particulière à cette oeuvre. 

Peut-être, pour finir, faut-il avoir ressenti l’isolement à l’égard d’une pensée dominante  comme celle constituée par ce village pour disséquer avec une si vive perception les bassesses qui en sortent. Ceux qui, toujours, l’ont éprouvé ont pour la postérité obtenu le statut d’artiste. Manu Larcenet en l’occurrence, en est un grand. 

Une chasse aux fantômes, pour ados.... et plus !

Fille des cauchemars, T.1 : Anna, par Kendare Blake, chez Le Livre de Poche Jeunesse, 6,90€

Ce premier tome nous place rapidement dans une ambiance gothique. Cas, de son nom complet Thésée Cassio Lowood, un jeu garçon de dix-sept ans, est chasseur de fantôme. A la mort de son père, une mort bien étrange, très vite classée par la police locale, il reprend le flambeau et, armé de son athamé, il part à la recherche des morts qui sont restés pour hanter notre monde.  
Les quêtes se sont succédé, toujours couronnées de succès, mais voilà qu’Anna va lui poser quelques problèmes. Surnommée « Anna à la robe de sang », elle tue quiconque ose pénétrer dans sa maison. Quiconque ? Non : Cas ressort vivant de sa tentative, et cela va même se reproduire lors de ses visites suivantes. Pourquoi ne s’attaque-t-elle pas à lui, elle, le fantôme le plus puissant que le Canada, voire même le continent, connaisse ? Et que veulent dire ces cauchemars qui, depuis son arrivée à Thunder Bay, hantent de plus en plus les nuits de Cas ? 
Ce dernier doit éliminer ce fantôme, tel est son devoir, sa mission, et ce même si la tâche se révèle de plus en plus ardueSeulement cette fois, il ne sera plus seul : Carmel, la fille populaire du lycée, et Thomas, un garçon marginal et quelque peu magicien, vont l’aider dans cette quête.  

Au fil des pages se dessine un portrait effrayant d’Anna : si elle était une belle jeune fille de seize ans souhaitant seulement se rendre au bal de fin d’année, elle est dorénavant un monstre incapable de se contrôler lorsque quelqu’un franchit la porte de sa demeure.  

Ce roman saura sans aucun doute ravir les ados en quête de frayeurs !

NB : Le deuxième (et dernier) tome est dores et déjà disponible dans la collection Black Moon (16,90€).

Vidéo La maison du Cap


La maison du Cap de Françoise Bourdon par François de La Librairie Générale, ©MrRoudoudou

Pour ceux qui n'auraient pas encore découvert le dernier livre de Françoise Bourdon dont l'histoire se déroule à Arcachon, il n'est pas trop tard: vous n'avez plus qu'à cliquer sur la vidéo pour entendre François vous parler de ce roman agréable à lire durant l'été!
(et merci à MrRoudoudou pour avoir troqué son appareil photo contre une caméra le temps de nous suivre dans l'une de nos nouvelles aventures!)

samedi 9 juillet 2016

Le rapport Brodeck de Manu LARCENET

Le rapport de Brodeck t.1 ; l'autre Le rapport de Brodeck tome 1 L’autre de Manu LARCENET d’après le roman de Philippe Claudel aux éditions Dargaud, 22,50 euros.

L’ouvrage est soigné, les éditions Dargaud ont protégé cet oeuvre d’art avec un coffret où quatre cases de Larcenet apparaissent en couverture. 
Ainsi voyons-nous quelques figures comme des paysages, dessinés en noir et blanc, d’une beauté sèche et saisissante, dénuée de séduction mais totalement sincère. 

Ces portraits d’hommes aux traits  précis nous scrutent,  leur silhouette s’enfonce dans des paysages de froid et de neige dans un pays  où le parler local ressemble à de l’allemand. 

Le dénommé Brodeck est attendu par une assemblée du village alors qu’il vient s’approvisionner en beurre. Il lui est sommé d’écrire une histoire et de bien la raconter, lui, Brodeck, rescapé de la guerre, du camp. 
Brodeck dont le métier est de parcourir les bois, de recenser, sait écrire. Son témoignage servira pour protéger le village de l’acte commis envers l’Autre, cet étranger venu de nulle part qui a posé trop de questions et rempli trop de carnets. 

Larcenet nous attire dans cet univers isolé du monde, craintif et menaçant, silencieux. Combien de dessins sans une seule phrase, un seul mot où Larcenet montre l’indicible et le poids de la solitude d’un homme qui a vu l’immonde et qui en est revenu. 
Comme si cela ne suffisait pas, il est choisi par les siens pour couvrir un crime, un crime collectif de piteux villageois méfiants, cupides et vénaux. 

Tout cela ressemble  beaucoup  à une époque que Larcenet a su rendre intemporelle mais avec en tête un modèle kafkaïen pour qui sait lire entre les lignes ou plutôt entre les images. 

Le tome 2, l’Indicible vient de paraître, nous y reviendrons très vite.

Accroche-toi Ours!

Accroche-toi, Ours !, par Cynthea Liu, Kristyna Litten, chez Little Urban, 10,50€

Pourquoi ne pas profiter de ces belles et longues vacances pour aller faire un tour à vélo ? Votre enfant ne sait pas encore en faire ? Pas de problème, Ours est comme lui !
Si notre ourson est très intelligent, très bon en mathématiques, excellent en gymnastique, et sait même construire des maisons, il reste une chose qu'il ne sait pas faire : du vélo. Pourtant tout le monde l'encourage : papa, maman, ses copains... Mais rien n'y fait, dès qu'il monte sur sa bicyclette, il perd l'équilibre et tombe très rapidement. Même les petites roues ne lui sont d'aucun secours...
Ours désespère de voir ses amis se promener, très fiers du haut de leur selle. Il lui faut absolument apprendre à faire du vélo. Peut-être trouvera-t-il une méthode à la bibliothèque ? Les essais se multiplient, en vain. Ours veut abandonner. Et si, finalement, tout n'était qu'une question de confiance en soi ? Sans oublier la règle numéro 4 de la méthode : "Ne pas trop y penser !".

samedi 2 juillet 2016

Peindre, chasser & laisser mourir de Peter HELLER

Peindre, pêcher & laisser mourir de Peter HELLER aux éditions Actes Sud, 23 euros.

Jim Stegner (une allusion à Wallace Stegner ?) est d’une nature inquiète. Son statut d’artiste certainement mais surtout le fait qu’il soit hanté par le souvenir de sa fille Alce dont la mort tragique lui laisse de puissants remords, entretient chez notre ami une vive insatisfaction au coeur d’une vie pourtant confortable. 
Il est reconnu comme peintre, vit dans un environnement qui lui procure de grands moments de pêche, partage sa vie avec une femme belle et intelligente mais sa fragilité, toute intérieure, le pousse à commettre des actes irréparables. N’a t-il pas déjà tué quelqu’un lors d’une rixe de bar qui l’a définitivement éloigné de toute consommation d’alcool ? 
Il a connu la prison mais voilà, sur le bord d’une route, il surprend deux hommes en train de maltraiter un cheval. Son sang ne fait qu’un tour, il stoppe son pick up et va régler son compte à l’un des deux hommes puis récupère le cheval. Cette affaire de prime abord mineure va décider de la vie de Stegner jusqu’à la fin de ses jours. 

Il y a plusieurs genres chez Peter Heller auteur déjà remarquable de La constellation du chien. Après l’anticipation qu’il avait développée dans son surprenant premier roman, Peindre pêcher & laisser mourir offre à nouveau une place de choix à la nature. 
Les villes elles-mêmes rencontrées dans son roman, d’El Paso à Santa Fe, ont une couleur propre, une atmosphère particulière. Un danger récurrent affleure, Jim Stegner, personnage entier déjà pourvu d’une solide expérience évolue dans un décor qu’il apprécie mais qui reste toujours potentiellement mortel. 
C’est toute l’Amérique qui semble, avec lui, confrontée depuis son origine à cet élément naturel qui peut lui être à tout moment hostile. Les canyons, les plateaux désertiques, les rivières, tel chemin rocailleux qui grimpe en lacets dans la montagne, aussi magnifiques soient-ils, incitent à la méfiance. 
Jim Stegner en est d’ailleurs une victime consentante, une « cible » comme l’écrit Peter Heller. 


Les amateurs de polar trouveront chez Heller de très grandes scènes de suspense, la fin notamment est digne des plus grands westerns de l’ère hollywoodienne. Peut-être même que la clé de l’oeuvre de Peter Heller se trouve là, dans ces paysages fantomatiques qui ont hébergé les films de John Ford et consorts.

Camping!

Nos grandes vacances (sous une petite tente) de Philip Waechter, éditions Milan, 12.90 euros, à partir de 5 ans

L'école est finie! Pour la famille de Tim c'est donc le top départ pour les grandes vacances au camping: tente, matelas, lampe à gaz, allumettes, table pliante, canne à pêche... et petit frère sont dans la voiture, donc c'est parti!  Après le demi-tour inévitable parce qu'on a oublié de laisser les clefs à la voisine pour arroser les plantes, toute la petite troupe arrive enfin: choix de l'emplacement, montage de la tente, tout relève de l'aventure! Alors que dire quand il s'agit d'aller surfer avec de nouveaux copains, de chanter des chansons au coin du feu, de jouer à la pétanque et surtout de regarder les étoiles filantes...Et puis le camping, c'est la vie: il y a les "très bruyants", les "super-organisés", les "je-sais-tout-mieux-que-tout-le-monde" et.... les autres, comme la famille de Tim, pas parfaitement équipés mais qui s'amusent tellement!

vendredi 24 juin 2016

Personne ne disparaît de Catherine LACEY

Personne ne disparait de Catherine LACEY aux éditions Actes Sud, 22 euros.

"Vous êtes diplômée de Barnard. Vous étiez employée comme scénariste chez CBS depuis cinq ans. Vous avez épousé Charles Riley, il y a six ans. Vous n'avez jamais eu de problèmes de santé majeurs. Vous n'avez pas de dettes. Vous avez toujours déclaré vos impôts dans les temps. Vous ne suiviez aucun traitement avant de quitter les Etats-Unis.  Vous viviez dans l'Upper West Side à Manhattan, dans un appartement appartenant à l'université de Columbia où votre mari a obtenu une chaire il y a un an comme professeur associé au département de Mathématiques. Tout cela est juste ?
Oui, ça m'en a l'air.
Maintenant, vous voyez, Elyria, ce que je viens de décrire, ça ressemble à une vie assez réussie, ce que vous aviez là, alors vous comprenez que d'autres personnes puissent avoir du mal à comprendre que vous décidiez de partir comme vous l'avez fait sans même dire à votre mari où vous alliez. C'est plutôt étrange n'est-ce pas ?
Je l'ai regardé comme s'il était un objet dans un musée qui ne m'intéressait pas particulièrement."

On reconnaîtra là, dans cette pensée succincte qui suit le résumé très factuel de sa vie faite par un psychologue, que notre héroïne peut développer un regard particulier sur les gens. 
Elyria, en l’occurrence et à ce moment du récit, est revenue de Nouvelle-Zélande où elle a tenté en vain d'échapper à sa vie ou plutôt à certaines mauvaises vibrations qui polluent ses pensées. Elle peut nommer cela des harmonies mineures ou parler d’un Yack, animal métaphorique qui serait logé dans son cerveau et en perturberait le fonctionnement. 

Ce voyage en Nouvelle-Zélande que nous vivons à ses côtés est à la fois très concret, Elyria multiplie les rencontres dues à une pratique assidue de l'auto-stop, et totalement abstrait dès lors que s'insère un flux de conscience où de nombreux points cruciaux de la vie d'Elyria sont débattues. En premier lieu la mort de Ruby, la soeur aîné, modèle de l'enfance d'Elyria, puis le mariage qui suivit cette disparition, inapropriée et cause de ce départ soudain à l'autre bout du monde. 

L'effet majeur de ce récit intériorisé d'un voyage mal préparé est que nous sommes en empathie absolue avec Elyria sans pouvoir pour autant l'aider. Son mutisme extérieur dont nous recevons en retour un exubérant désarroi qui demeure néanmoins d'une drôlerie irrésistible, est une expérience de voyage comme on l'a peu raconté et que pourtant chacun d'entre nous a pu ressentir.  

Astrid Bromure, T1 Comment dézinguer la petite souris



Astrid Bromure, T1 Comment dézinguer la petite souris, Editions Rue de Sèvres, 10,50 euros.
Astrid Bromure, T2 comment atomiser les fantômes, Editions Rue de Sèvres, 10,50 euros.

Alerte! Un intrépide nouveau personnage est arrivé dans le monde de la BD que les 10-12 ans peuvent sans complexe s'approprier. D'accord, Astrid Bromure, puisque c'est son nom, est juste un peu super-riche, du moins ses parents qui vivent dans une incroyable demeure nichée tout en haut d'un gratte-ciel de 150 étages environ. 

Au premier numéro de ses aventures, Astrid est justement délaissée par ses parents pour au moins trois semaines, ce seront donc Benchley et madame Dottie qui s'occuperont de la demoiselle, les humbles serviteurs de la famille Bromure. Gatsby et Fitz (cherchez le rapport) seront aussi de la partie, un chat et un chien n'étant jamais de trop pour traquer une petite souris qui, comme chacun le sait (et surtout Astrid) N'EXISTE PAS!
Et pourtant, lorsqu'une enième dent de la demoiselle vacille sur son socle dans le but inévitable de tomber dans les jours à venir, la chasse à la souris qui N'EXISTE PAS est ouverte...

Butée comme pas une, intrépide, joueuse et dotée d'un indéniable je-ne-sais-quoi que la très grande bourgeoisie possède dès la naissance, Astrid nous amuse tant et plus par ses incroyables déconvenues dans son monde un tantinet délirant mais parfaitement divertissant.
On vous laisse découvrir le deuxième tome qui vient de paraître!