vendredi 8 novembre 2019

Amazonia de Patrick DEVILLE

Amazonia de Patrick DEVILLE aux éditions du Seuil 19 euros.


Embarquer avec Patrick Deville nécessite une bonne bibliothèque ou plutôt accepter d’accueillir avec soi tout un lot d’histoires sorties de livres et de films que l’auteur égrène au fil des chapitres. 

Amazonia ne dépareille pas des livres précédents dont on remarquera qu’ils forment un tout nommé Projet Abracadabra. Amazonia est le septième de la série et retourne sur le continent dit nouveau et déjà visité avec Pura Vida (voyage au Nicaragua) et Viva (voyage au Mexique). 

Cette fois plusieurs pays sont au programme à commencer par le Brésil, pays d’accueil immédiat lorsque l’on pense à l’Amazonie. Cette forêt aujourd’hui et depuis toujours est au cœur d’un enjeu vital pour la préservation de la planète. 

Patrick Deville, en embarquant sur les voies navigables du fleuve Amazone de son embouchure jusqu’aux abords de la cordillère des Andes (qu’il franchira pour atteindre le Pacifique), détaille à sa façon un voyage au long cours partant du présent vers le passé dont l’Amazonie et les pays qui la composent sont riches d’évènements plus énormes les uns que les autres. 

S’ajoute à ce récit un carnet de voyage inédit pour l’auteur car il intègre la présence de Pierre Deville, son fils qui s’avère plus solitaire et plus aventureux que son géniteur. Par cette prise en compte majeure Patrick Deville se présente comme un père parvenu à la fin d’une aventure que son fils semble prêt à relayer. 

L’érudition de l’auteur continue quand bien même de nous éblouir. En convoquant Blaise Cendrars, Henri Michaux, Claude Levi Strauss ou, plus loin dans l’histoire, Aguirre et Fitzcarrald (que ressuscitèrent Klaus Kinski et Werner Herzog lors de deux films homériques), Humbold, Darwin et une collection d’auteurs brésiliens, péruviens, colombiens qui hantent les lieux de cette région du monde, nous sommes portés par une somme de faits souvent ignorés et plus édifiants les uns que les autres. 

Patrick Deville et son fils ont effectué leur voyage en 2018. Nul doute que l’auteur ignorait à quel point ce livre sortirait au moment où tous les médias du monde se concentreraient sur les incendies du mois d’août 2019. Si Amazonia ne résout rien, il attise malgré tout l’intérêt pour ce foyer (le dernier ?) sauvage et naturel de la planète. 

Astérix: la fille de Vercingétorix

La fille de Vercingétorix de Jean-Yves ROSSI et Didier CONRAD aux éditions Albert René, 9,99 euros.


Une nouvelle aventure d’Astérix suscite et suscitera toujours un émoi particulier chez les Français (toutes générations confondues). 
Il en va de cette institution nationale où chacun peut reconnaître un patrimoine incontestable de l’esprit français. 

Justement, nos « nouveaux auteurs », conscients de poursuivre une œuvre majeure, sont allés fouiller la mémoire collective et puiser leur nouvelle aventure dans le panthéon de l’histoire de France pour en retirer : une héritière de Vercingétorix. 

Soit une belle montée d’Adrénaline pour les auteurs (pour jouer un peu sur leur terrain).


Existe-t-il une recette qui garantirait un bon Astérix ? 
Sans aucun doute.
Règle numéro un, conserver les personnages et leur environnement géographico-historique. 
Règle numéro deux, incorporer un nouveau personnage perturbateur. 
Règle numéro trois, trouver une mission pour Astérix et Obélix. 
Règle numéro quatre, faire rire du mieux possible avec des suffixes en ix ou en us (ne pas être avare en genre de mots de toutes sortes, en anachronismes et bien sûr incorporer toutes sortes d'idées qui perpétuent la supériorité gauloise sur le reste du monde (romain). 

Voilà les fondamentaux qu'ont consciencieusement rassemblés Jean-Yves Rossi et Didier Conrad. 

Alors, prêt à embarquer dans cet univers parallèle créé il y a soixante ans cette année ? 
Si ce n'est pas encore fait, vous seriez bien les seuls à ne pas jouer le jeu.

Imagine un jardin

Imagine un jardin de Hélène Druvert, éditions Gautier Languereau, 19.95 euros, à partir de 3 ans



Attention, livre-objet merveilleux (et fragile) en vue ! Si votre première mission sera bien de tenir éloignées les petites mains "déchireuses" de papier, nous sommes sûrs que vous relèverez ce défi haut la main tant il vous sera facile de captiver les petits yeux ébahis par tant de beauté.

Un jour où il est pris d'ennui, le jeune Tom flâne dans le jardin de la maison quand son attention est captée par un joli papillon. Tout doucement il s'en approche pour l'observer, mais celui-ci s'envole de branches en fleurs, amenant Tom à le suivre dans un jardin qui devient peu à peu jungle dans l'imaginaire du jeune garçon.

Au fil des pages, Hélène Druvert réussit la prouesse de faire véritablement entrer les lecteurs dans ce magnifique album en papiers découpés.
Il est encore tôt (quoique) mais voilà en tout cas une idée de cadeaux à retenir pour Noël !
(et conseil de libraires: si ce livre vous plaît, n'attendez pas car les livres en papiers découpés sont très peu réimprimés par les éditeurs tant la technique de la découpe est difficile à reproduire)



vendredi 1 novembre 2019

Sur la route et en cuisine avec mes héros de Rick BASS

 Sur la route et en cuisine avec mes héros de Rick BASS aux éditions Christian Bourgois, 22 euros.
S’agit-il d’un périple ? S’agit-il de recettes ? Un peu des deux mon colonel !

Rick Bass est un écrivain du Montana, de la nature et de la défense des animaux, qui fut remarqué dès son premier livre traduit en France Oil notes où se révélait son premier métier de géologue pétrolier.

Mais Rick Bass est d’abord un écrivain reconnaissant pour tous ceux qui l’ont aidé, influencé, inspiré et lui ont permis d’être à son tour un écrivain dont se réclament d’autres et plus jeunes auteurs que lui. C’est de ce constat et avec l’âge en prime que l’idée lui est venue de rendre visite à ses « héros », accompagné d’une ou deux étudiantes ou auteures en devenir qu’enrichiraient forcément pareilles rencontres.

La liste est longue et foisonnante d’auteurs inconnus ou méconnus. Pourtant Doug Peacock, Lorrie Moore ou encore Terry tempest Williams sont traduits en français. Amy Hempel et Barry Lopez tout autant (merci notamment aux éditions Gallmeister pour leur travail), sans compter les grands noms que sont désormais Thomas Mc Guane, Denis Johnson, Joyce Carol Oates, Peter Mathieussent, John Berger, David Sedaris et Gary Snyder. Voilà donc douze noms d’écrivains vivants (Peter Mathieussent est malheureusement décédé entre temps*) auxquels il faut ajouter le peintre Russell Chattam ainsi que le défaillant et donc introuvable Gordon Lish (l’éditeur aux ciseaux de Raymond Carver) qui eurent la visite de Rick Bass et ses amis venus leur livrer un repas de remerciement.

Rick Bass tient une sorte de journal de bord de ces voyages entrepris aux quatre coins de l’Amérique, en voiture exclusivement. L’homme revisite son pays renforcé par son histoire personnelle, son cheminement d’écrivain attentionné, sensible, redevable aux autres, parfois trop tant sa modestie affleure à chaque fois que des mérites devraient à la place lui être attribués. 

Emouvantes et drôle sont également ses aventures réelles qu’il faut essayer de mener à bien dès lors que l’on débarque chez autrui en investissant sa cuisine pour y faire cuire de l’élan ou du yack, des cailles, un gâteau… 

L’épisode toujours renouvelé n’est jamais lassant et l’on se croit invité soi-même à ces repas festifs et intelligents car le propos demeure littéraire ou bien s’attarde sur la nature, l’environnement, l’écologie.

Deux escapades en Europe viennent titiller la curiosité du lecteur, une en Grande Bretagne chez David Sedaris qui est à coup sûr l’épisode le plus drôle de la série et l’autre en France chez John Berger qui vit avec vue sur le Mont Blanc. 

Les belles histoires que nous conte Rick Bass sont toujours nimbées d’un optimisme jamais niais quant à la nature humaine. Il y a de belles âmes en ce monde et Rick Bass le prouve. 


Hélas pour lui, tout au long du récit traîne le spectre de son échec conjugal. La présence de son Elisabeth à la dernière séquence est un espoir que l’histoire se finisse bien mais il est vain.

* Denis Johnson et John Berger l'ont hélas rejoint depuis.

Dédale 1 de Charles BURNS

Dédale 1 de Charles BURNS aux éditions Cornélius, 22,50 euros.


Prévenons le lecteur, Dédale est le début d’une série qui laisse en suspens.
Chronique adolescente américaine, Dédale récite les tourments de jeunes gens à la fois bizarres, interrogatifs et suspicieux quant au monde qui les entoure. 

Charles Burns était déjà responsable du malaise suscité par une production fameuse et publiée il y a quelques années (1), inspiré par l’oeuvre d’Hergé et son album L’île noire

Cette fois le cinéma de genre occupe une place centrale. Il s'agit d'un film de terreur et d’anticipation des années cinquante intitulé Invasion of the Body snatchers (2) qui est un classique dans lequel des extra-terrestres s’emparent de l’âme et du corps des êtres humains pendant leur sommeil. 

Brian, héros de Dédale, est un fervent admirateur de ce film mais aussi un cinéaste débutant qui a réalisé un court-métrage avec son meilleur ami.  La projection de leur film lors d’une soirée a initié la rencontre avec une jeune fille, Laurie. 

Auparavant celle-ci a surpris Brian seul et à l’écart de tous, concentré dans son effort de coucher sur le papier une étrange créature émanant de son cerveau très encombré d'images du même type. L’obsession de Brian - plutôt beau garçon mais artiste d’une originalité déconcertante - attire inexorablement la jeune fille que ses dessins troublent à défaut de séduire. Brian, par son comportement vis-à-vis d’elle n'a pas fini de la surprendre.


Si une froideur certaine se détache des dessins de Charles Burns, un envoûtement certes peu spectaculaire néanmoins agit. Ce dernier préconise une lecture aussi passive qu'attentive de la lancinante immersion - quelque peu dérangeante - dans l’imaginaire de Brian. Dédale réclame âprement  une suite afin de mieux cerner son propos ainsi que la forte demande d’élucidation qu'elle suscite.

(1)Toxic (3 tomes également chez Cornélius).
(2) Film de Don Siegel (1956).


Japon en 100 mots

Japon en 100 mots de Ornella Civardi, Gavin Blair et les illustrations de Ayano Otani, éditions Nuinui, 24.90 euros:


Grâce à ce documentaire, vos jeunes et grands ados sauront tout sur le Japon, ce pays qui les attire tant à leurs âges.
Nourris très tôt, il faut le reconnaître, aux dessins animés et aux mangas, tout ce qui touche à ce lointain pays ne leur est pas complètement inconnu. Mais justement pourquoi ne pas en profiter pour aller plus loin ? 
Si des termes comme kimono, sushi ou encore ninja n'ont plus beaucoup de secrets pour eux  (quoique), c'est l'occasion ici de les amener vers le haiku, de les initier à l'univers de l'ikebana, à l'art du netsuke et de bien d'autres notions  qui font du Japon un pays si particulier dans ses traditions et sa modernité.

vendredi 25 octobre 2019

Almanach de Peter NADAS

Almanach de Peter NADAS aux éditions Phébus, 22 euros.
Evkonyv nous dit le titre original hongrois. Autrement dit, livre annuel agrémenté de conseils et de prévisions valables pour l’année à venir : Almanach. Ce livre de Peter Nadas, paru dans son pays en 1989, ne nous instruira plus d’évènements futurs. 

A sa lecture, nous comprendrons qu’il n’en avait aucune intention. Pourtant, Almanach est réparti en dix chapitres reprenant bon an mal an les douze mois de l’année. 
Le premier s’ouvre avec cette sentence : « Il ne pouvait en être autrement et c’était bien ainsi.»  Voilà pour février et mars. Pour les mois de juin et juillet nous aurons ceci : « Pour être amoureux fut ce une fois dans la vie, il faut d’abord avoir expérimenté quels sont ceux de nos sentiments qui ressemblent le plus à l’amour. » 

Oui, la profondeur du propos de Peter Nadas est véritable et lorsque son éditeur nous le présente nous sentons la consécration : « Né en 1942, Peter Nadas est considéré depuis Le livre des mémoires (1998), prix du meilleur livre étranger et Histoires parallèles (2012), comme l’un des plus grands romanciers d'aujourd’hui, auteur d’une oeuvre fascinante et complexe, encore partiellement traduite en français ». 

Pour les lecteurs attirés par l'oeuvre, Histoires parallèles ou encore Le livre des mémoires peuvent se lire après Almanach qui agira (ou pas) comme une découverte engageante du talent de Peter Nadas. Almanach peut être lu comme un recueil de nouvelles dont la progression est basée sur des souvenirs ou expériences qui sont clairement autobiographiques (à part celle qui remonte à l’époque romaine). 

Que ce soit le regard - comme on surprend un voleur - d'une voisine à sa fenêtre ou d'un coureur décrivant ses sensations à la tombée du jour, de l'enjeu capital et matinal qui découle d'une nuit passionnelle à Budapest ou d'une urgence vitale bien que burlesque dans les toilettes d'une gare, les scènes tirées d’Almanach nous concernent au premier chef par le sens de leur mise en scène et du suspense qui en découle. 
Peter Nadas maintient une tension de lecture qui parait infinie. Les situations exposées dans un temps diffracté nous emportent vers une littérature du sentiment que l'on peut comparer en France à celle de Marcel Proust.

Les couloirs aériens d' Etienne Davodeau, Joub et Christophe Hermenier

Les couloirs aériens d' Etienne Davodeau, Joub et Christophe Hermenier, éditions Futuropolis, 19 euros.


Cinquante ans... le bel âge? En apparence, non. Pour certains, avoir un demi-siècle annonce des moments difficiles: hormis le corps qui peut s'avérer capricieux, c'est un âge où l'on peut perdre ses parents, ses proches. Un âge où, si l'on a des enfants, on peut les voir partir à l'étranger, loin de nous, si loin du foyer que nous avons mis tant de temps à entretenir et conserver.
Et pour ceux qui ont traversé leur vie à toute allure, c'est un moment de recul où vient la question fatidique : qui suis-je dans ce monde là?

Trois dessinateurs, Etienne Davodeau, Joub et Christophe Hermenier ont alors imaginé le personnage d'Yvan, quinquagénaire taciturne qui vient passer "le temps qu'il faut" chez un couple d'amis dans le Jura. Il n'est pas venu seul, des dizaines de cartons l'accompagnent, ceux de la maison de ses parents qui viennent de mourir. Une succession d'objets du quotidien, décoratifs pour la plupart, entassés comme autant de souvenirs qui appartiennent désormais au passé.
Ce passé, faut-il l'oublier? Sans parler d'avenir, la vie s'arrête un temps pour Yvan, au bout de la France, sur le pas de la porte de ses amis Therry et Sandra, toujours enseveli de neige.
Comme un combat contre lui-même, Yvan déblaie la neige chaque matin, avec de plus en plus de vigueur. Plus jeune, avec ses amis, il se voyait à cinquante ans comme un pauvre type. Ce type là, il faut maintenant apprendre à l'aimer, et à lui dessiner un futur.
Ses forces seront l'amitié et l'humour. Deux ailes qui lui permettront de voler très haut, de suivre les couloirs aériens, et se s'octroyer la liberté de faire quelques loopings.
Une Bande-Dessinée qui interroge avec subtilité la vie dans son ensemble, comme une suite de souvenirs, d'objets, un long processus dans lequel le vieillissement n'est pas à craindre tant que nous sommes capables d'aimer.



Où l'océan rencontre le ciel

Où l'océan rencontre le ciel de The Fan Brothers, éditions Little Urban, 15 euros, pour les 3/6 ans:


Voilà un album qui dès sa couverture nous plonge dans son univers doux et poétique. Où l'océan rencontre le ciel fait partie de ces ouvrages dont on a envie de savourer chaque détail, chaque mot, d'admirer encore et encore la douceur des illustrations qui se marient merveilleusement avec un texte qui avance au rythme lent et inexorable des vagues.

Lucas est un jeune garçon qui habite près de la mer. Son grand-père aurait eu 90 ans aujourd'hui et parce qu'il pense très fort à lui, il décide de construire un bateau pour faire le long voyage dont lui parlait tant son grand-père, un long voyage pour aller à l'endroit où l'océan rencontre le ciel. Mais construire un bateau est fatigant et notre petit Lucas s'endort. Commence alors une merveilleuse aventure onirique pleine de poésie qui le mènera, grâce à l'aide du poisson d'or, des îles Bibliothèques à la mer des méduses dansantes, dernière étape avant que la mer et le ciel ne fassent plus qu'un et où Lucas entendra de nouveau une voix chère à son cœur...

samedi 19 octobre 2019

Hubert Haddad

Rencontre avec Hubert Haddad autour de son livre Un monstre et un chaos, aux éditions Zulma.


Il ne suffit pas de s’intéresser à l'Histoire et plus particulièrement à la seconde guerre mondiale pour aimer le dernier livre d'Hubert Haddad. Il nous faut plonger avant tout dans un style faisant partie des plus aboutis des écrivains français contemporains. S'il nous avait déjà prouvé son immense talent avec des titres comme Le peintre d'éventail, Palestine, ou Casting sauvage, il nous montre ici le pouvoir puissant de l'imaginaire et plus largement de la littérature.

Eté 1939, en Pologne. Alter, douze ans, se retrouve propulsé dans un chaos innommable, celui d'un pays dont la richesse s’efface petit à petit au profit du nazisme. Solitaire par la force des choses, il erre au gré des rencontres, et atterrit dans le ghetto de Lodz.
Là-bas, témoin des pires atrocités possibles, il oscille entre découvertes macabres et réconforts. Un théâtre de marionnettes le fera sortir de ce chaos pour trouver refuge dans l'art.
Parallèlement, la machine du ghetto se met en route: en 1941, Chaïm Rumkowski est chargé d' organiser le ghetto et de le transformer en véritable centre industriel textile. "Nous nous en sortirons par l'industrie de la discipline". Ce mécanisme implacable montrera les capacités d'exploitation des hommes par les hommes dans le pire des contextes. Et au milieu, la beauté de l'enfance grâce au personnage d' Alter et son imaginaire pour lutter contre le pire.
Un dernier ouvrage, véritable coup de maître par un auteur que nous aurons le plaisir d'accueillir mercredi 23 octobre à 18h, à l'hôtel Ville d'Hiver.