mardi 31 juillet 2018

Les ignorants, récit d’une initiation croisée d’Etienne DAVODEAU

Les ignorants, récit d’une initiation croisée d’Etienne DAVODEAU aux éditions Futuropolis

Richard Leroy, vigneron d’Anjou, barbu l’hiver, rasé l’été, buvant beaucoup d’eau au restaurant si nécessaire, consent à laisser son ami, Etienne Davodeau auteur de bandes dessinées, travailler avec lui, dans ses vignes une année entière. 
En contre partie, si l’on peut exprimer la chose ainsi, Etienne Davodeau consacrera un album de bandes dessinées sur l’activité du bonhomme et s’appliquera à lui montrer quelques facettes de son travail et ce qui s’y rattache, y compris le prêt d’albums d’auteurs phares de bandes dessinées, mais encore l’invitera à le suivre lors d’un déplacement chez son imprimeur, son éditeur et dans les salons de bandes dessinées comme celui de Saint-Malo et de Bastia.

Le projet, aussi équitable soit-il dans son énoncé, penche irrémédiablement, à sa lecture, vers le monde du vin. Richard Leroy occupe le premier rôle de par son caractère bouillonnant et sa démarche professionnelle aux antipodes de ce qui se fait dans la plupart des exploitations viticoles. Richard est un chercheur. Nous comprenons qu’il s’inscrit dans une démarche biodynamique dans l’élaboration de son vin: la terre d’abord, la nature directrice des choses, et un soin très manuel, très humain, dans l’entretien de la vigne. 
Hiver, printemps, été, automne, le dialogue des saisons est maintenu bien qu’entrecoupé de quelques sessions dans le monde de la bande dessinée. Le soir, Richard lit, s’ennuie fermement ou ne comprend pas toujours la démarche de certains auteurs mais perçoit aussi la beauté et la force de certaines histoires. 
Chaque déplacement est aussi une occasion pour de plus ou moins fortuites dégustations.

Au final, le métier de vigneron inspire le sentiment d’une tâche infinie et incertaine que quelques passionnés maintiennent dans une recherche authentique qui les distingue d’une pratique généralement industrielle et déshumanisée. 

Etienne Davodeau ne nous met pas en position de jugement. Son expérience suffit cependant à comprendre l’importance de Richard Leroy et ceux qui l’accompagnent. La leçon est claire, les petites exploitations, si elles ne sont pas forcément l’avenir, détiennent une vérité dans le rapport à la nature que rien d’autre ne peut remplacer. A la fin des Ignorants, il n’est plus possible de l’ignorer.  


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