samedi 22 février 2014

La classe et les vertus de Frédéric Roux

 
La classe et les vertus de Frédéric ROUX aux éditions Fayard, 19 euros.

A quelle catégorie appartient Frédéric Roux ?
De son propre aveu, il s’introduit dans le milieu de la boxe par le biais de son père dans les années 60 puis chausse les gants dans une salle quelque part dans le Lot-et-Garonne avant de se raviser au bout de quelques combats où il comprend que prendre des coups ça fait mal, autant, sinon plus, que d’en donner.
Depuis, il a égrené pas mal de salles et vu beaucoup de combats.
Le premier chapitre de La classe et les vertus sonne comme un verdict, une sombre définition de la boxe que jamais, au grand jamais, il ne nomme « noble art ». Nous ne sommes plus entre gentlemen, les salles sont crasseuses, issues directement du cinéma américain et les noms de légende qui y apparaissent le sont tout autant. Ali, Marciano, Louis, Frazier, Foreman, Hagler, Leonard, ces deux là surtout jusqu’à leur confrontation du 6 avril 1987 qui rassembla beaucoup d’argent autour d’un combat très décevant.
Frédéric Roux a de l’allonge c’est certain, ses coups sont précis, intelligents et lucides. Il attaque très fort, cherchant à faire la différence aussitôt, mais il ne trouve pas le K-O, il ne le cherchait peut-être pas. Ses trajectoires sont intéressantes voire passionnantes, celle de Marvin Hagler bien sûr, la classe ouvrière, le dur à cuir, le boxeur sans faille, le « destructeur ». En face, Ray « Sugar », souriant, trouble et peu cernable, danse sur le ring à la manière d’un Ali qui provoque pour épuiser et puis frapper.
Entre ces deux là, le jeu du chat et de la souris est un euphémisme, le chat s’appelle Hagler et la souris Leonard. Frédéric Roux les envoie par la bande sur de formidables faire-valoir que sont Thomas Hearns et Roberto Duran.
Au total, un carré d’as qui rafle tout dans la catégorie poids moyens, poids mi-moyens, poids super-mi-moyens, poids super-moyens WBC, WBA, IBF, WBO.
Et des K-O à n’en plus finir, des palabres, des scandales, des fêtes, de la rancune, des insultes, un catalogue invraisemblable d’aventures finissant toutes sur un ring avec toujours un perdant et un vaincu car en boxe, de vainqueur il n’y a jamais, nous dit Frédéric Roux, tous font tôt ou tard le combat de trop.

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