samedi 9 avril 2016

Rencontre jeudi 14 avril 2016 à 17 heures avec Francis AYLIES

Journal d'un curé de quartier de Francis AYLIES aux éditions Le Festin, 18 euros

Une lumineuse idée a traversé l'esprit de Francis Aylies le mardi 8 décembre 2015. Il s'est empressé de la convertir en s'adressant derechef au pape François par mail à l'adresse que l'on peut supposer comme suivante : papefrancois@vatican.com.
Un clic, et c'est parti !

Les envois vont durer un peu plus de trois mois, trois mois intenses où le père Francis Aylies cherche à joindre ce lointain confrère qu'il suit pourtant à la trace en relevant ses interventions, ses déplacements, ses piques aussi, bref, en engageant avec lui un échange qui hélas s'avère à sens unique. Peu importe, Francis Aylies a beaucoup à dire sur son expérience quotidienne de prêtre, mais aussi sur ses lectures qu'il retranscrit lorsque l'original s'avère plus efficace qu'une copie. L'influence de Georges Bernanos est à ce propos totalement assumée jusqu'au titre du livre lui-même...

Alors que découvre t-on lorsqu'on se plonge sans préjugés dans cette prose engagée ? Un homme libre, de tempérament, drôle, passionné, moderne et religieux. Francis Aylies se révèle également comme un homme de plume talentueux, confronté à des situations extrêmement variés, des plus tragiques aux plus cocasses. Plus surprenant encore est le doute ou le questionnement qui surgit, impromptu, au cœur de ses réflexions. Plus attendue demeure la confiance et l'admiration que lui inspire le pape François qu'il suit aveuglément dans son année de miséricorde.

Francis Aylies, enfin, a le considérable mérite de remplir les églises, celle de Bègles notamment où il officie désormais. Sa parole si décomplexée a récemment rassemblé 500 personnes lors du lancement du Journal d'un curé de quartier à l'espace Saint-Rémi de Bordeaux le 14 mars dernier. Il faut dire qu'il avait su réunir de nombreux amis dont quelques musiciens de l'Ochestre National Bordeaux Aquitaine qui avait entonné quelques airs variés pour célébrer cette rencontre organisée par Le Festin et nos confrères de La Machine à Lire.

Jeudi 14 avril à 17 heures au café Le petit Louvre, ce sera notre tour d’accueillir le père Francis Aylies. 
L'instant sera chaleureux, nous dialoguerons autour de son ouvrage et, pour saluer ce nouveau lieu de rencontre (en face de la mairie), nous offrirons aux participants un café ou un thé.




La Plage aux Ecrivains

La Plage aux Ecrivains est déjà à La Librairie Générale!
Pour découvrir dès à présent les livres des auteurs invités 
au salon qui se tiendra les 30 avril et 1er Mai,
suivez la jolie demoiselle à la marinière rouge! 





Et pour ceux qui souhaiteraient savoir ce que nous pensons du livre de Catherine Poulain, invitée au salon, il n'y a qu'un clic à faire: Emission ALPC Matin sur France 3 Aquitaine (pour trouver votre libraire, allez directement à la minute 19:35)




La gardienne des Rêves

La gardienne des Rêves, par Chritos et Isaly, aux éditions Les Minots, 13,90€

Chaque nuit, Aïko rêve, jusqu'à ce matin d'automne où elle se réveille sans aucun rêve en tête ! Où sont passées ses belles pensées nocturnes ? Sa maman lui parle alors de la gardienne des Rêves...
La petite fille décide ainsi de l'attendre plusieurs soirs durant. Lorsqu'une femme apparaît enfin, Aïko lui demande où se sont enfuis ses rêves. Pour lui répondre, la gardienne l'emporte avec elle à travers le ciel vers la maison d'un homme, un homme sans rêve à qui elle a donné ceux de l'enfant pour apaiser ses nuits.
Repensant au sourire de cet homme, Aïko s'endort soulagée : "Moi qui ai tant de rêves, [...] je peux bien en offrir quelques-un !". 
Un joli album plein de fantaisie pour les 3/6 ans!

jeudi 7 avril 2016

Rencontre avec Vladimir Fedorovski


Affiche Vladimir Fedorovski



VENDREDI 8 AVRIL à 21h00
à la Maison des Associations de Gujan Mestras
(route des bénévoles, non loin du bowling de la ville
qui est lui-même près du Lac de la Magdeleine)
VLADIMIR FEDOROVSKI
parle de la Russie
L'entrée est libre alors n'hésitez pas à venir voyager avec nous!


Né le 27 avril 1950 à Moscou, Vladimir Fedorovski fut le diplomate de la perestroïka à Paris entre 1985 et 1990. On le vit également à l’oeuvre comme porte-parole du mouvement des réformes démocratiques pendant la résistance au putsch de Moscou d’août 1991.
Devenu écrivain, il s’installe en France. Il est fait Officier des Arts et Lettres et obtient la nationalité française en 1995.
Chroniqueur à France Info, membre de plusieurs sociétés littéraires, son travail d’historien et de romancier est récompensé par de nombreux prix (Prix d’Histoire André Castelot en 2006, Grand Prix du Roman Historique décerné par la Banque Palatine en 2012, etc.).
Il est l’auteur de très nombreux ouvrages, romans historiques et livres d’histoire : Le Roman de l’Orient-Express (2006), Le Fantôme de Staline (2007), Le Roman de Raspoutine (2011), La Magie de Saint-Pétersbourg (2012), Poutine, l’itinéraire secret (2014), La Volupté des Neiges (2015).

Rencontre Polar à Gujan-Mestras


Date : 09/04/2016
Heure : 11h00
Lieu : Médiathèque Michel Bézian de Gujan-Mestras
Tous publics
Entrée libre 

Hervé LE CORRE et Yan LESPOUX présentent les nouveautés « Romans Noirs ».
Envie d'en savoir plus sur:
- Fausse piste de Sean Doolittle
- Sécurité renforcée de Boyle
- Dernier meurtre avant la fin du monde de Ben H. Winters
- J 77 de Ben H. Winters
- J'ai été Johnny Thunders de Carlos Zanon
- Ténèbres, ténèbres de John Harvey
- L'enfer est au bout de la nuit de Malcolm Mackay
- Tokyo Vice de Jake Adelstein

... alors n'hésitez pas à venir partager ce moment convivial avec nous!


samedi 2 avril 2016

Le grand marin de Catherine POULAIN

Le grand marin de Catherine POULAIN aux éditions de l'olivier, 19 euros.

A l’instar d’En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut (sur le blog le 4 mars), Le grand marin de Catherine Poulain s’est fait une place de choix dans les classements des meilleures ventes de l’année 2016. Nous attendons désormais que, à lui aussi, quelque prix soit décerné. Une récompense qui serait en rapport avec le monde de la mer ou bien du voyage, des grands espaces et de l’aventure.

Mais, s’agit-il d’un roman ? d’une autobiographie ? ou d’un arrangement des deux ? Le grand marin ne tient pas à fournir de réponses faciles. L’écriture de Catherine Poulain nous saisit en quelques pages comme si la réalité devenait floue et que de nombreux repères s'étaient perdus sitôt que l’Alaska a été rejoint par Lili, héroïne au discours et à la personnalité échevelés, aussi bien fragile que déterminée dans cet univers de pêcheurs où elle trouve un travail à bord d’un bateau sur les mers démontées du Pacifique nord.

Son premier embarquement sur le Rebel est proprement sidérant. Lili n’a jamais pêché, c’est une Green, étrangère qui plus est, sans permis de travail, seule femme à exécuter les mêmes tâches que des hommes plus forts et plus résistants qui hurlent contre le vent, le repos étant ici aléatoire et même facultatif tant que du poisson est remonté à bord.   

Ces premiers jours sur le Rebel vont marquer irrémédiablement Lilli. Ses mésaventures       (chutes intempestives dans le bateau), ses blessures (elle sera évacuée suite à la piqûre dangereuse d’une arête), les rejets (parfois on l’encourage et souvent on l’engueule), ne vont qu’exacerber son désir de repartir en mer. Lili est venue en Alaska pour en finir avec la vie ennuyeuse du village français qu’elle a quitté sur un coup de tête pour Kodiak. 

Catherine Poulain scande ce vécu en une multitude de petites phrases qui ponctuent toutes les sensations de Lili notamment lors de ce périple en mer. Elle y met toute l'incompréhension de Lili à ses débuts, toute la crainte qu’elle éprouve au contact des marins, toute sa peur de périr noyée tout en considérant qu’il s’agirait de la plus belle des morts. Catherine Poulain décrit avec toute l’acuité possible la faim, la fatigue et le froid ainsi que cette volonté forcenée de Lili de surmonter les cadences infernales que la pêche exige, de son énergie surhumaine au regard de son corps plutôt frêle, seules ses mains sont larges et plus développées que celles de certains hommes.

Passée cette formidable expédition, Lili va connaître l’autre versant de la vie de pêcheur. La vie dans les bars et les rencontres qui s’y font mais aussi l’attente sur le port avant un nouvel embarquement sur un autre bateau. Lili, venue de nulle part, attise le désarroi des hommes que l’Alaska emprisonne et que la pêche transfigure. 


Souvent, le livre de Catherine Poulain atteint des sommets qui manquent cruellement à notre littérature. Nous n’avons pas assez de Jude, de Ian, de Jason, de Murphy, de Joey, de Niképhoros dans nos romans français. D’ailleurs Catherine Poulain n’a pas d’équivalent chez nous, on pense plus volontiers à Kerouac et forcément à Melville, car Catherine Poulain, avec ce Grand marin, va très haut.  

Catherine Poulain sera présente 
au Salon de La Plage aux Ecrivains des 30 Avril et 1er Mai, ne la manquez pas!


Rosalie entre chien et chat

Rosalie entre chien et chat de Mélanie Perreault et Marion Arbona, éditions Dominique et Compagnie, 14.50 euros (à partir de 3 ans)

Voici un album rare et utile qui sait magnifiquement trouver les mots sur un sujet difficile: la séparation des parents. Rosalie est une petite fille dont l'univers se déchire avec ses parents. La métaphore du "s'entendre comme chien et chat" est subtilement filée tout au long de cet album où le rouge de la haine et de la colère se mêle au rose de l'amour et de la tendresse. Comment vivre au milieu des mots durs que ses parents s'échangent, comment comprendre que la séparation est finalement mieux, comment comprendre que malgré leurs différences il y a quelque chose qui restera pour toujours: l'amour qu'ils portent à leur fille. Rosalie en est persuadée, elle "a deux maisons, mais juste un coeur. [Ses] parents cohabitent dedans". Qui a raison, qui a tort, elle s'en moque, elle veut seulement les aimer librement et qu'ils soient "fiers et heureux de [l']avoir comme fille, [elle], Rosalie".

48H BD



Les 48H BD c'est en ce moment!
Les 1er et 2 avril découvrez 13 albums
au prix exceptionnel de 1€ !
Les revenus générés permettront aux éditeurs d'offrir des BD aux écoles et aux bibliothèques
 donc profitez-en car en plus c'est pour la bonne cause!
Voici les titres concernés (dans la limite des stocks disponibles):

- Les petits Mythos: La compil mythologique éditée pour l'occasion
- L'histoire de France en BD: Napoléon et l'Empire
- Ma mère et moi: chaud devant!
- Barracuda tome1
-La Rose écarlate Missions tome 1
- Petit Poilu: la sirène gourmande
- Les mystères de la Troisième République tome 1
- La guerre du retour contre attaque
- Save me Pythie tome 1
- Terra Formars tome 1
- Sisco tome 1
- Les P'tits diables tome 1
- Harley Quinn tome 1
 

samedi 26 mars 2016

LA PLAGE AUX ECRIVAINS 2016


ça y est, vous l'attendiez tous, voici la liste des auteurs qui seront présents 
au salon de La Plage aux Ecrivains qui aura lieu les 30 avril et 1er Mai:

- Isabelle Alonso pour Je mourrai une autre fois 
- Jean-Luc Aubarbier pour Le testament noir
- Christophe Barbier pour le Dictionnaire amoureux du théâtre
- Jean-Pierre Castelain pour Friture sur la petite mer
- Laurence Cossé pour La grande arche
- Eve de Castro pour Nous, Louis, Roi 
- Jean-Louis Debré pour Ce que je ne pouvais pas dire
- Frédérique Deghelt pour Libertango 
- Philippe Delaroche pour La gloire d'Ines 
- Vincent Duluc pour Un printemps 76
- Astrid Eliard pour Danser
- Irène Frain pour Marie Curie prend un amant 
- José Frèches pour Genghis Khan 
- François Garcia pour Le remplacement
- François-Régis Gaudry pour On va déguster 
- Anne Goscinny pour Le sommeil le plus doux 
- Jean-Claude Guillebaud pour Le tourment de la guerre 
- Marc Jolivet pour Rêvons! 
- Alexandra Lapierre pour Moura la mémoire incendiée 
- François-Guillaume Lorrain pour Vends maison de famille
- Amin Maalouf pour Un fauteuil sur la Seine 
- Bernard Minier pour Une putain d'Histoire 
- Sarah Pébereau pour Sarah, 30 ans, mon cancer même pas peur 
- Catherine Poulain pour Le grand marin 
- Marc Victor pour Le bout du monde 
- Jean-Didier Vincent pour Le cerveau expliqué à mon petit-fils 

Le prix de la Ville d'Arcachon, décerné par un jury composé de Christophe Barbier (Directeur de la rédaction de l'Express), Philippe Delaroche (Ancien rédacteur en chef de Lire), Patricia Delafage (Express), Marianne Payot (Rédactrice en chef adjointe, rubrique Livres de l'Express), Jean-Louis Debré (Président du Conseil des Archives, ex-Président du Conseil Constitutionnel), Bernard Lummeaux (Maire adjoint à la culture d'Arcachon) et Benoît Dissaux (Directeur d4arcachon culture), a été attribué cette année à 
Astrid Eliard pour Danser (éditions du Mercure de France)

Bien sûr, au fil des semaines, nous ne manquerons pas de revenir plus en détails 
sur cet événement!

Envoyée spéciale de Jean ECHENOZ

Envoyée spéciale de Jean ECHENOZ aux éditions de Minuit, 18,50 euros.

En refermant le dernier livre de Jean Echenoz, après en avoir lu toutes les pages bien sûr, un souvenir doit en principe nous saisir, celui de Constance, au deuxième chapitre, enlevée par un homme au demeurant charmant, habillé tout de bleu. Ces deux-là ressurgissent pour un dernier tour à la toute fin du roman quand l'homme toujours de bleu vêtu fait à nouveau étalage de son irrésistible pouvoir de séduction.

Voilà qui pourrait réduire le dernier roman de Jean Echenoz et de beaucoup d’autres, si ce n'est tous, à un simple exercice de séduction, brillant, certes. Avouons aussi que tout le monde n'est pas obligatoirement sensible à cet exercice, il existe des lecteurs indifférents, des froids de cœur qui ne partagent pas la délicatesse de Jean Echenoz qui n'est, soit dit en passant, pas un agneau non plus car il sait aussi rudoyer son lecteur mais cette rudesse est toujours compensée par un indéniable sens de l'humour qu'Echenoz, au fil des ans et donc de ses romans, a érigé en marque de fabrique au point de rendre l'humour "echenozien" reconnaissable d'entre tous. Ces ingrédients mis en pratique dans une écriture toujours virtuose peuvent aboutir à ceci :

"Depuis la terrasse du Mandarin, levant un instant les yeux au ciel, Tausk voit celui-ci traversé par un Boeing dont les tuyères laissent après lui leur habituelle traînée de vapeur d'eau, condensée par les - 20° C de l'altitude et formant un fil blanc de cristaux de glace épanoui en halo triangulaire irrégulier, nuage artificiel qui moutonne vite et qui, déjà flouté par la bâche, pâlit avant de s'éclaircir et se décomposer. Revenant à son bobun, Tausk oublie rapidement ce B777-300ER d'Air China, destination Pékin, dans lequel une heure plus tôt Constance et ses gardes du corps ont embarqué, eux en classe économique, elle en classe de luxe "Pavillon Interdit" où l'on vient de lui servir une deuxième coupe d'Armand de Brignac avec un ravier de caviar sauvage, Jean-Pierre et Christian n'étant gratifiés à l'arrière que d'un club-sandwich décongelé sous blister et d'une Tsingtao chambrée."

 Et voilà que, bien que Constance, héroïne majeure d’Envoyée spéciale, soit tout compte fait un personnage absolument passif au regard de tous les autres qui semblent s’activer auprès d’elle dans un but pas toujours très clair sinon peut-être de lui plaire, car, à nos yeux, elle s'accommode tout au long du roman d'à peu près tout ce qu'il lui arrive et passe objectivement d'excellents moments tout au contraire de ceux qui l'accompagnent de Paris à la Creuse, de la Creuse à la Corée (celle du nord) jusqu'à son retour au point de départ, nous regrettons de ne pouvoir entendre la chanson au succès planétaire y compris et surtout en Corée (celle du nord toujours) qui est finalement cause de tout. Cependant, son titre « Excessif » permet à Jean Echenoz de nous donner des nouvelles du monde tel qu’il le voit, ce qui signifie ne pas faire dans le spectaculaire (quoique)  mais se révéler parfaitement bien renseigné.