samedi 19 septembre 2020

Ce qu'il faut de nuit Laurent PETITMANGIN


Ce qu'il faut de nuit
 
Laurent PETITMANGIN aux éditions La Manufacture de Livres, 16,90 euros.







La Lorraine dispose footballistiquement parlant d'un derby les plus géographiquement proches du pays. Mieux qu'un Lyon-Saint-Etienne mais moins qu'un Nice-Monaco (mais Monaco est-ce la France? ), Metz-Nancy se joue à quelques cinquante kilomètres d'écart entre les deux villes.  Dans Ce qu' il faut de nuit, la famille en question a choisi Metz bien qu'elle se trouve plus proche de Nancy...

C'est le père qui a choisi le club et y a entraîné ses deux fils, Fus et Gillou. Le foot est la première affaire dans cette famille après la disparition de la mère qu'un cancer a vaincue. Fuss était même un talent qui aurait pu grimper dans l'échelle des joueurs capables de devenir professionnels. Le père qui suivait celui-ci depuis des années au bord des terrains n'aurait pu rêver plus belle trajectoire pour son aîné, mais le destin a fait que ce serait Gillou qui répondrait le mieux aux sélections qu'impose la vie professionnelle et sociale.

C'est donc lui qui s'en ira à Paris dans une école qui développera ses capacités intellectuelles. C' est donc pour lui que l'on se "saignera" afin qu'il acquiert un logement à la capitale.
Le père et ses deux enfants semblent faire front commun dans cette bataille menée depuis les couches les plus nobles de la condition ouvrière.
Alors que s'est-il passé avec Fus pour qu'il parte dans l'autre sens du chemin politique pris depuis toujours par son père ?

Ce qu' il faut de nuit est le récit éloquent d'une dérive adolescente racontée par un père démuni. La prose d'une justesse effrayante de Laurent Petitmangin nous embarque à bord d'un étrange voyage qui semble pouvoir commencer au bout de notre rue. Certes, la région Lorraine est montrée sans détour, revendiquant un passé qui lui a glissé sous les pieds. L'extrémisme de tout bord fait partie des causes enregistrées par ce grand malheur ouvrier né au confluent des années soixante-dix et quatre-vingt. 

Nicolas Mathieu et son livre couronné par le Goncourt nous en a déjà donné un puissant témoignage.
Outre le drame que sera la vie de Fus, la grande voix de ce livre demeure celle du père de ce jeune homme ayant croisé au mauvais moment et au mauvais endroit d'autres jeunes gens aussi enténébrés que lui.

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